jeudi 8 mars 2012

Je suis toutes les femmes

Depuis près de deux ans que j’écris de façon plus ou moins régulière pour TourMaG.com, vous avez appris à me connaître. Chaque semaine, je reçois des mails de mes sœurs, les jeunes agents de voyages, qui me racontent leurs joies et leurs soucis, qui me posent des questions et me proposent des analyses… J’ai aussi beaucoup de mails de garçons. Mais aujourd’hui, laissez-moi tranquille ! On a le droit de ne penser qu’à nous.

Je suis une fille libre. J’écris quand je veux, je parle de ce que je veux… j’utilise mon ton. Et si la rédac’ décide que mon post n’entre pas dans la ligne éditoriale de TourMaG.com, rien ne les oblige à publier les délires de Léa. (à la réflexion, ça ne m’est jamais arrivé…) Voilà. Depuis bientôt deux ans, je m‘amuse.

Sauf ce soir : à l’occasion de la journée des femmes, Jean m’a demandé d’écrire un billet sur « la façon dont je considère ma condition de femme ». Question intéressante. Vaste programme… Après être restée deux minutes la bouche ouverte face à mon écran « mon Dieu, que vais-je bien pouvoir leur raconter ? », mes doigts de fée commencent à s’agiter : oui, Léa a toujours une opinion. Toujours quelque chose à dire…

Ma condition de femme ? Comment hiérarchiser ce que je suis vraiment ? Suis-je avant tout une femme, une vendeuse, une cadre, une folle, une blogueuse, une amoureuse ? Qu’est-ce qui me caractérise ? La sensibilité, l’humour, la verve ?

J’ai essayé de trier et ça n’a pas été facile… pour la première fois depuis que j’écris des billets dans TourMag, je n’ai pas écrit d’un seul jet : j’ai fait une liste. Presque une espèce de plan. Comme quand j‘étais au lycée ou en hypokhâgne. Et oui… tu ne le savais peut-être pas, mais j’ai des lettres…

Je ne suis pas une femme, je suis une princesse.

S’il fallait définir une femme par rapport à quelqu’un, on dirait qu’elle n’est pas un homme. La belle affaire. Mais il est vrai que j’exsude la féminité par tous les pores de ma peau. Je suis fragile, fine, douce. J’ai les doigts légers, la taille fine, les jambes longues… et que mes cheveux soient retenus en en chignon ou lâchés en cascade sur mes épaules, je joue avec eux. J’ai toujours une fine mèche qui barre mon front. Mes cheveux me rendent belle. Tout simplement. Je ne suis pas une femme. Je suis une princesse. En toute simplicité…

Je ne suis pas une femme, je suis un macho.

Je ne me laisse pas faire. J’ai le verbe haut, le rire sincère et sonore, la démarche assurée, la descente de mojito facile et l’humour parfois graveleux. Il m’arrive de mettre la main aux fesses des garçons. Ça les surprend toujours mais en général, ils aiment bien. J’adore faire rougir les commerciaux endimanchés qui débutent. Le plus souvent, ils arrivent à l’agence avec un costume neuf, une coupe de cheveux bien nette et une peau parfaite. Alors, pour montrer mon pouvoir, de mes doigts de fée, je fais mine d’attraper leur cravate et je caresse délicatement leur torse du bout des ongles en susurrant « vous êtes bien élégant jeune homme, elle est en soie votre cravate ? » Seuls les excellents commerciaux s’en sortent sans être déstabilisés…

Je ne suis pas une femme, je suis une cougar.

A 31 ans, je me sens l’âme d’une initiatrice. Je ne pourrais jamais enseigner les techniques de vente ou Amadeus aux BTS Tourisme. Trop frais, trop mignons. Et trop dangereux pour moi… Là où les conquêtes des bronzés passaient sans le savoir sur une balance, les miens passent à l’état civil. Je me lance des défis. Ils seront toujours plus jeunes… et quand l’une de mes copines voit pour la première fois l’un des minets que j’ai attrapé dans mes filets et qu’elle me demande « mon dieu, quel âge a-t-il ? », je réponds désormais « moins 8 » (par exemple…) soit 8 ans de moins que moi. Odieuse ? Non, juste une femme de goût.

Je ne suis pas une femme, je suis un pitbull.

Donnez un os à un pitbull, il ne le lâchera pas tant qu’il restera de la viande à ronger. Donnez-moi un client. Je vais le travailler au corps, lui poser des questions sur ses goûts et ses envies, le mettre en face de ses contradictions pour l’amener à me dire ce qu’il veut vraiment. Il en ressortira essoré. Je serai épuisée. Au moment de la signature du contrat de vente, nous serons comme deux amants fourbus après une nuit d’amour. Mais je vends. Que dis-je ? Je facture du bonheur. Et je n’oublie ni le surclassement, ni les excursions et encore moins l’assurance. Chaque client est ma chose.

Je ne suis pas une femme, je suis une entraineuse.

Depuis que Big-Boss m’a nommée responsable des ventes puis chef d’agence, les filles et Max sont boostés comme des bêtes sauvages. J’ai parfois l’impression qu’ils font tout pour faire en sorte que l’agence fonctionne. Et ca marche. La crise ? non, on ne connaît pas. On a parfois des petits coups de mou mais on s’en sort à chaque fois plus mobilisés encore. Oui, comme disait un copain, je suis le pilier du comptoir…

Je suis toutes les femmes.

Je suis la gentille Tata Léa qui passe des après-midis entières à jouer aux poupées Barbie et à faire des cabanes. Je suis l’amoureuse qui se transforme en Shéhérazade pour charmer son prince, je suis l’énervée des machines de torture des salles de gym, je suis la grande sœur qui console, la copine qui fait rire, l’amie qui partage tes joies et tes peines. Je suis Léa et je ne te veux que du bien.

Je suis comme toi.

Mes copines sont toutes des filles formidables. Et vous, les agents de voyages, les anonymes du comptoir aussi. Vous illuminez le quotidien de vos patrons, vous rendez vos hommes heureux, vous êtes des mamans parfaites, vous vendez des vacances ou des déplacements pro. Vous savez concilier plusieurs vies : vendeuse le jour, maman le soir, maitresse la nuit. Et 24 heures sur 24, cuisinière, nounou, infirmière, femme de ménage, couturière, sportive, magicienne.

La journée des femmes, c’est 365 jours par an.

Sauf cette année, parce que c’est une année bissextile. Si ce 8 mars, ton patron t’offre une fleur ou si ton chéri te prépare un bon repas (et fait la vaisselle…), c’est qu’ils en sont capables. Alors réclame-le leur plus souvent. Et si tu veux vraiment arriver à ce que la femme soit un homme comme les autres, fais-comme moi. Mets la main aux fesses aux garçons, explique à un homme que si il veut réussir, il faudra qu’il couche, paye lui à boire (et sers le…), fais le rougir, offre lui des fleurs. Je suis une princesse macho, un pitbull entraineuse et je serai une femme accomplie le jour où je serai assez amoureuse pour demander en mariage celui que je choisirai. Parce que si une emmerdeuse comme moi attend que le prince charmant arrive sur son cheval ailé, elle finira vieille fille…





jeudi 1 mars 2012

C'est tranquillou à l'agence, hein ?



Pendant les vacances scolaires de la région parisienne (et de l’Aquitaine… je précise sinon les provinciaux vont encore dire que je suis autocentrée sur Paris), c’est toujours super calme à l’agence : je n’arrive pas à imaginer que la société française tourne au ralenti pendant les vacances scolaires, mais c’est comme ça…

Je vais vous dire un truc : heureusement que les vacances scolaires se terminent demain parce que là… on baille aux corneilles chez Big Boss Voyages !

Certes, que « c’est calme pendant les vacances scolaires », c’est pas nouveau ! Du coup, on anticipe un peu et on essaie de prendre des vacances. La semaine dernière, Big Boss a emmené ses horribles chiards au ski et Max a pris quelques jours pour se faire un week-end « boites de nuits » prolongé à Berlin. (il compte en nuits et pas en jours… jeudi soir, vendredi soir, samedi soir… il avait une de ces têtes en rentrant…).

Cette semaine, c’est Isa qui est partie « se reposer dans le pays basque ». Je n’arrive pas à comprendre comment Isa peut avoir besoin de se reposer (franchement, l’équation petit boulot pépère + activité intellectuelle limitée aux mots-fléchés et au « sudoku niveau moyen » + soirées télé-tisane + absence totale d’activité sexuelle… je me demande comment on peut être fatiguée après ça…)

Jeff est aux Indes, comme il dit. Pfff… encore une fois…

On déplore aussi l’absence de Coralie « parce que la nounou aussi, elle prend des vacances ». Ah… penser à l’occasion à vous parler des progrès ful-gu-rants de son petit Melvil… (elle m’a invitée à un goûter pour fêter son premier anniversaire… Seigneur…) Alors, Melvil est en avance pour son âge, mignon comme tout et à 11 mois et demi, il marche « presque ». (Doux Jésus, comme je suis impressionnée, je suis certaine que les écoles d’ingénieur se battent pour l’intégrer dés ses 15 ans… comment se passer d’un tel talent ?)

Et figurez-vous que chez les clients, on observe la même maladie saisonnière : les vacances !
A la billetterie sociétés, Max parle depuis 2 semaines à des inconnues. Les assistantes chargées des voyages de nos sociétés clientes sont remplacées par des intérimaires aux prénoms improbables (elles s’appellent vraiment Cindy et Jennifer ? et elles n’ont pas fait de procès à leurs parents ?)

Et nous, au tourisme, quand on essaie d’appeler les clients qui se sont inscrits en mars et en avril 2011 (il faut bien motiver les clients au départ…), ils nous expliquent gentiment qu’ils sont au ski et que oui… pour le mois de mai… faut voir… mais qu’on les rappelle plutôt la semaine prochaine : ils seront rentrés. Non, pas la semaine prochaine, ils auront trop de boulot avec les 1546 mails qu’ils auront à lire : plutôt celle d’après. (Au passage, on leur rappelle qu’on est « aussi » capables de leur réserver un chalet ou une location au ski, mais bon… c’est un peu tard…)

J’avoue que dans ma coloc’, c’est pareil : Emma et Elodie sont parties en vacances chez leurs sœurs respectives en région (j’adore parler comme ça…) Garder leurs neveux et nièces. Parce que les nounous, elles aussi… oui, c’est bon, on sait ! Donc, je baille au bureau et le soir, je me retrouve toute seule avec Laurine dans nos 130 m²…

Alors, c’est bien de concilier vie professionnelle et vie privée (et que la moitié de la France parte en vacances les 2 dernières semaines de février), mais moi, je suis un peu inquiète pour le moral des agents de voyages…

Sur FaceBook (j’ai tellement de temps en ce moment que j’y traine pas mal…), je les vois bien déprimés… qu’est-ce qui se passe ? On a l’impression que seuls les rebuts de la société se pressent dans nos boutiques… et que les vrais clients tardent à se pointer. En fait, je crois que c’est juste une impression parce que 1 – on voit peu d’agences mettre la clé sous la porte, 2 – chez Big Boss Voyages, on est à +12% en janvier et on va finir février dans les mêmes eaux (Isa nous calculera tout ça lundi…).

Pourtant, on a quand même l’impression de peigner la girafe… mais c’est vrai que plus ça va, plus on vend des trucs cher… (tout augmente, ma pauvre dame) donc si on vend au même nombre de clients que l’an dernier, mathématiquement… on fait davantage de chiffre !

N’empêche que si je fais un travelling arrière sur ces 10 derniers jours, qu’est ce qu’on a fait à l’agence ? On a rangé nos affaires (dingue comment on peut encore avoir des cartes de visites de commerciaux que personne ne se souvient avoir vus), on a trié des photos (ça, c’est tout moi : je pars en voyage d’étude et je prends 1295 photos dont 1241 qui ne servent à rien mais « on ne sait jamais ») parce que l’informaticien nous a dit que le réseau saturait (ben moi aussi choupinet, je sature), on a trié les brochures de l’hiver (au fait, camarades TO, quand on dit à monsieur Logimail qu’on ne veut pas de vos brochures, pourquoi vous vous entêtez à nous en envoyer deux tonnes ?). Bref, des taches passionnantes ! Et je dois avouer que bon… facebook, les mails perso, une petite partie de Géochallenge (oui mais ça, c’est du boulot : je révise mes capitales…) c’est pas moi qui vais avoir besoin de me reposer les prochaines semaines !

N’empêche qu’il n’y a pas beaucoup de clients… au moins, ils sont prévisibles : « une semaine dans un bel hôtel à Maurice ou en Thaïlande pour 1000 / 1200 € » (oui, comme tout le monde…) ou « une villa à Bali pour 8 personnes début août pour 10 000 € avec les vols » (doux Jésus, que c’est original et complètement réaliste comme budget…) ou encore « un week-end au soleil dans un joli hôtel dans une capitale européenne qu’on ne connaît pas pour 500 ou 600 € pour deux, qu’est-ce que vous avez comme idées ? »

Dans ce cas, deux solutions :

1 – la solution de facilité. On va dans le réseau (Kevin, notre informaticien a tout bien rangé…) et on cherche dans l’arborescence : « devis / pays en question / devis type / enregistrer sous », 3 calculs et on envoie

2 – la solution qui va nous occuper une heure avec le client mais qui est un poil compliquée à assumer : (mais 1 – ça occupe, 2 – ça nous donne l’impression de ne pas être des machines, 3 – ça retient le client en agence et c’est bon pour l’image qu’on ait des gens qui soient là…). Le challenge, c’est de transformer la demande « une semaine dans un bel hôtel à Maurice ou en Thaïlande pour 1000 / 1200 € » en une formule 14 jours/12 nuits qui comprendra en plus « une escapade de 4 jours à Angkor, une civilisation oubliée bla bla bla… », mais il faut faire attention de ne pas faire trop peur au client…

Bref, on essaie de se rendre utile, de « coller à la demande » mais aussi d’être « force de proposition ».

N’empêche que c’est dur… et quand je « discute » sur FB, je vois bien des agents de voyages consciencieux qui aimeraient bien atteindre leurs 50 000 € ou 100 000 € d’objectif mensuel de facturation (d’ailleurs, c’est dingue ces disparités de chiffre d’affaires à atteindre…) mais qui se désolent de ne rien avoir à proposer qui collerait aux demandes des rares clients qui les contactent…

Parce que pas de clients = pas de chiffres = pas d’augmentation ni de prime.

Je ne voudrais pas avoir l’air de me répéter inlassablement mais… on n’a pas des métiers faciles… et en plus, on n’est pas payés bien cher…. Les agents de voyages se targuent d’être de bons vendeurs ? on leur propose des contrats payés au SMIC (1.398,37, allez… je vous le fais à 1400 €…) assortis de commissions sur leur chiffre. Sauf que quand il n’y a personne qui appelle ou qui entre dans l’agence, on fait comment pour faire du chiffre ? Ben on pleure… Et à la fin du mois, on n’attend pas son chiffre et on touche 1100 €

Bon… les partenaires sociaux sont en train de nous négocier une revalorisation de la grille salariale. On s’attend à avoir une royale augmentation de 2,4% du salaire minimum. Sur une base de 1400 €, ça nous fait (sortez la CB les filles, on va pouvoir faire des folies…) 33,6 € bruts. Je t’enlève 20% de cotisations, ça fait 26,88 €, soit 4,63 mojitos à 5,80 €.

Et ben franchement… pour une augmentation d’un mojito par semaine, est-ce que ça vaut le coup de faire du phoning plutôt que de jouer au sudoku sur le web ? Allez, j’arrête de faire du mauvais esprit, et dés lundi, je me remotive ! Sur qu’il y aura du monde à l’agence !


dimanche 26 février 2012

Bref, je suis vieille




Pendant les vacances scolaires de la région parisienne, c’est bien souvent très très cool à l’agence. Soyons honnête : c'est même super chiant ! chaque fois, c'est comme si je tombais des nues quand je me rends compte à quel point la société française tourne au ralenti pendant les vacances scolaires. On n'y peut rien : c’est comme ça…

Max a passé la semaine à parler à des inconnues. Les chargées des voyages de nos sociétés en compte sont remplacées par des intérimaires aux prénoms improbables (on observe une recrudescence de Cindy et de Jennifer qui me fait vraiment peur)

Les commerciaux des TO : pas là. Vacances.

Bon… comme toutes les boites ont compressé le personnel, c’est pas le commercial ou l’assistante d’à côté qui va reprendre les dossiers en cours. On nous invite à faire un mail. Alors on attend. Quand je pense qu’une deuxième semaine de vacances scolaires commence demain, ça me mine.

A la coloc' des princesses, c’est pareil : Emma et Elodie sont parties en vacances chez leurs sœurs respectives à la cambrousse en région. Garder leurs neveux et nièces. Qui sont en vacances... Du coup, en ce dimanche, avec Laurine, on s’est senti bien seules.

L’hiver, je hais les dimanches.

En semaine, avec un jour off, on peut faire des trucs. Le dimanche, pas grand chose. Il faisait beau alors on est parties cheveux au vent à velib faire une balade dans Paris. Bon… on avait mis un bonnet sur nos cheveux quand même. Il n’y a pas grand chose à faire à Paris le dimanche mais j’avais une course essentielle à faire : racheter un cable Apple. Le mien a cassé la semaine dernière et je squattais celui d’Elo pour charger mon i-phone chaque nuit. Sauf qu’Elodie est partie chez sa sœur (vous suivez ?) et que Laurine n’est pas Apple. Elle a un blackberry. Donc, urgence !
Nous voici donc arrivées à l’Apple store du Carrousel du Louvre.

Je vous raconte : un Apple store, c’est une boutique dédiée à la marque à la pomme. Y’a plein de geeks en t-shirt bleu. Ils ont des prénoms rigolos. Genre américains. Je n’arrive pas à croire que leurs parents ont décidé il y a 25 ans de les appeler Jeffrey ou Malcom. Il y a davantage de mecs en t-shirts bleus que de clients mais les mecs en t-shirts bleus (aux coupes de cheveux improbables…) sont tous occupés. Ils ont toutes des casques-oreillettes, des tablettes numériques et des baskets chelous. Mais ils sont gentils.

J’ai demandé à un adolescent de 17 ans (à tout casser) à la mèche Justin Bieberienne et aux biscoteaux bien ronds « un truc pour relier mon i-phone à une prise murale ». Il s'est grave foutu de ma gueule m’a gratifiée d’un sourire éclatant et m’a fait confirmer que je voulais bien « un adaptateur USB pour i-phone ». Ben ouai. Il avait l’air de me prendre pour une vieille complètement périmée mais il était tellement joli que je n’ai pas osé le rabrouer pour son insolence.

J’ai demandé où payer. Il m’a répondu « en bas ». Sauf qu’en bas, y’a pas de caisse. Si vous n’êtes jamais allé à l’Apple-store du Carrousel du Louvre, vous ne me croirez peut-être pas, mais il n’y a pas de caisse. Alors j’ai demandé à une fille en t-shirt bleu qui m’a répondu « tous les $èç*è-‘ »o_è= [c’est comme ça qu’on les appelle les gamins en t-shirt bleu, mais j’ai oublié comment on dit en langage applien] peuvent vous encaisser. Espèces ou CB ? » et elle a tendu sa main.

Alors là, j’ai donné ma CB, elle a sorti un petit boitier de nulle part, m’a dit « merci Léa *» (elle avait jeté un rapide coup d’œil à ma CB avant pour savoir comment je m'appelais, hein... à moins qu'il y ait une appli' pour ça...), a scanné mon « apple USB power adaptor ZML » a saisi mon nom sur la boite magique, m’a fait taper mon code (elle a détourné son regard de façon un peu ostentatoire...) et m’a demandé mon mail. Là, elle m’a souri de toutes ses dents (aussi blanches que celles du minet d’en haut) et m’a dit « Léa, j’espère que votre expérience client à l’Apple store a été satisfaisante. Votre facture est à l’instant sur votre boite mail. Bon après-midi Léa et merci pour votre visite. A bientôt » et elle est partie.

Rapide, efficace, conviviale, sympa. Et en plus, elle m’a appelée par mon nom.
L’affaire nous avait donné soif. En face de l’Apple store, il y a un Starbucks Café. Laurine a pris un double expresso. Moi, je suis obligée d'en boire 12 par jour à l’agence alors je suis en detox le week-end. J’ai pris une salade de fruits. Ça donne des vitamines C et donc une jolie peau.

J’ai l’habitude du Starbucks (je vais souvent feuilleter un journal en avalant un gâteau en sortant de la gym avant d’aller à l’agence) mais je vais dans un autre (celui à côté de chez Big-Boss Voyages). De toute façon, à New-York, Bangkok ou Paris, tous les Starbucks sont pareils.
A celui du Carrousel du Louvre, aujourd’hui, la première personne à qui ont parlait nous a accueillies avec un sourire éclatant (elle utilise sans doute le même dentifrice blanchissant que les petits jeunes de l’Apple store) et une voix cristalline et chaleureuse. Qu’est-ce qu’on boit ? Comment on s’appelle ? Laurine a dit qu’elle s’appelait Henriette.

Le fait que Laurine s'appelle comme une grand-mère n’a pas choqué la grosse sympa. « un double expresso pour Henriette, merci ». Là, on est passées à l’une des trois caisses ouvertes. Pendant qu’on payait à Kevin V. (je vous jure... regardez le ticket... la génération 88-92 à des noms pas possibles), une des baristas de l'armada préparait le café de Laurine. Et quand on est arrivées au bout du comptoir, le café était prêt « la commande d'Henriette l'attend, merci... ».

Alors pour répondre à la gamine hirsute de l’Apple Store, j’ai bien aimé ces deux expériences clients. Des jeunes sympa, rapides, souriants, l’air heureux de bosser. Qui ont répondu à nos attentes en un quart de seconde.

Après, on est allées au ciné voir un pauvre film tout moisi dont je tairai le nom par charité. On vous conseille par avance le prochain film très girly de Charlotte de Turkheim avec Victoria Abril (mon idole). La bande annonce nous a fait hurler de rire alors je vous la mets sur mon blog ici… ça s’appelle « Mince alors » et ça parle régime. Je vous livre la phrase clé de la bande annonce : « sur les paquets de clopes, y’a marqué "fumer provoque le cancer", alors pourquoi sur les pots de Nutella, y’a pas écrit "bouffer nuit gravement à ton cul ?" »

Après le ciné, retour à la coloc' des princesses. On s'est fait un plateau télé en matant les Bronzés font du Ski. J'ai repensé au petit jeune en t-shirt bleu de l'Apple Store. Il était vachement joli, quand même... Comme dit Jean-Paul Duss (avec un D comme Duss) : « sur un malentendu, ça peut marcher : je sens que je vais conclure »



Voilà… un dimanche moisi : du vélo, du shopping dans des multinationales américaines et quelques fous rires… vivement la rentrée !




* en fait, elle m’a appelée par mon vrai prénom parce que, en vrai, sur ma CB, je ne m’appelle pas Léa, mais c’est plus simple si je raconte comme ça.




De toutes façons, les régimes, ça marche pas : la preuve, y'a que les gros qui en font

jeudi 9 février 2012

TUI / Nouvelles Frontières : fusion pour réduire les coûts

A moins que vous ne viviez dans une grotte et que vous n’ayez pas accès à l’internet, (ce qui serait hautement improbable si vous lisez ce billet), vous savez qu’en ce moment, c’est la crise

Allons bon. Ça veut dire quoi ?

Ça veut dire que les fins de mois sont bien compliquées… Pour moi, trentenaire parisienne célibataire, la crise, c’est avant tout la part que représente désormais le logement dans mon budget : plus de 40% ! Parce que, ma pauvre dame, tout augmente

Mon loyer a dépassé en septembre dernier la somme de 800 €. Pour 26 m². Vous qui habitez Châteauroux, Alès ou Belfort (même Belfort…), vous ne connaissez pas votre bonheur. La maison individuelle ou le petit 3 pièces pour moins de 1000 €, à Paris, ça n’existe pas.

Avec moins de 1000 € à Paris, on est condamnés à vivre dans des placards ou à migrer dans des quartiers improbables sans métro qu’on appelle « banlieue ». Voire les deux… Je vous parle de ma facture de gaz ?

Franchement, je n’aborde pas le sujet devant ma Tata Lucette, parce que ça fait des années qu’elle veut me recycler son vieux mohair tout moisi façon Anne Sinclair époque 7/7. Les plus vieilles se souviendront de la pub qui m’a traumatisée quand j’étais toute petite, ça disait « Anny Blatt, laine-moi ». Et Tata Lucette, elle dit « si tu as froid, tu mets un pull ». Tata Lucette a raison, mais moi, je ne veux pas ressembler à Anne Sinclair.

Alors avec mes copines, on a lancé une cellule de crise. On a réfléchi à mille façons de faire des économies. On a même fabriqué nos mojitos nous-mêmes, à la maison, avec les produits du terroir des Caraïbes.

Jean-Pierre Pernault aurait adoré : « Léa, agent de voyages du XIème arrondissement fabrique ses mojitos comme autrefois, à l’ancienne, en respectant les traditions. Son grand-père, Raymond Caramagnol, artisan sabotier avait voyagé à Cuba dans les années 60 avec l’amicale des artisans sabotiers du haut Poitou. A son retour, il avait créé dans son arrière-boutique un alambic et introduit la tradition du mojito en France. Petite, Léa a observé les techniques ancestrales dans la ferme familiale de Saint Bougnart les Olivettes, bla bla, bla… »

En tout cas, fabriquer nos mojitos nous-mêmes coûte bien moins cher que de les acheter dans les bars qui nous les vendent à prix d’or en réalisant des profits indécents (Arlette Laguiller, sors de ce corps…). Et j’ai l’impression que le verre de mojito augmente bien plus vite que l’indice officiel de l’inflation (penser à envoyer une réclamation à l’INSEE pour qu’ils ajoutent le verre de mojito dans le fameux « panier de la ménagère »).

Je vous raconte un peu ma life, mais après deux mois de réflexion intense sur le thème « comment on fait pour s’en sortir ? », le fruit de toute cette tempête de cerveaux a été un jour une illumination : la colocation. Sur les 7 copines qui ont brainstormé, 4 ont été séduites par cette proposition…

Et là, vous vous dites « mais où notre bloggeuse-folle-qui-ne-parle-que-de-boulot veut elle en venir ? » Figurez-vous que si cette idée nous est venue, c’est qu’on s’est dit qu’on ferait des économies d’échelle en mutualisant nos coûts ! N’avez-vous jamais entendu cette expression dans votre environnement professionnel ?

On a ressorti nos budgets et je vous promets qu’on s’attend à faire des économies substantielles :

- Loyer : à nous 4, on payait 3850 € pour 4 studios. Nous voici dans notre 5 pièces (un grand salon, 2 vraies chambres, 2 cellules de nonnes et deux douches) pour moins de 3000 €. Plus de 20% d’économies. Dans ta face, la crise…

- La bouffe : on fait les marchés ensemble : on se maquille un peu et on part cheveux au vent faire des sourires aux maraichers. Ils sont tous amoureux de nous et nous font des cadeaux. Un deuxième kilo de pâtissons pour la jolie dame, c’est cadeau… prenez cette citrouille géante, je vous la fais à 3 € (8 litres de soupe). Après, on fait la cuisine toutes ensemble. (moi, j’épluche… Elodie, Emma et Laurine cuisinent) Quelque chose de sain, d’équilibré et de ludique… et puis le mardi, on a notre panier AMAP très « développement durable » (penser à demander la certification à Christian Orofino)

- Les fringues : très important les fringues… et vas-y que je te prête ma petite veste noire très « executive woman », et vas-y que je t’emprunte mon manteau rouge qui me donne un air sublime… 4 fois plus de fringues du jour au lendemain…

Et je ne vous livre ici que des exemples…

Oh, bien sûr, comme on n’a emménagé que depuis 8 jours, pour l’instant, tout n’est que joie, bonheur et folles envolées lyriques lors de longues soirées avec tisanes bio dans notre salon.

Comme dans chaque groupe, chacune accepte avec bon cœur les corvées parmi celles qui lui sont le moins pénibles. Ainsi, je suis nulle en cuisine et je travaille tard : chaque soir, quand j’arrive, mes copines ont mitonné des bonnes choses, et moi, je suis dispensée. Mais comme je ne travaille qu’à partir de midi (et que Laurine et Elodie se lèvent dés potron-minet), je suis chargée de donner un aspect présentable à l’appartement tous les matins. L’atelier « Cendrillon » ne me prend que 30 minutes par jour… (pensez-vous, on est des princesses, on ne salit pas…)

Emma, elle, elle bricole. Du coup, même pas besoin d’avoir un homme à la maison

Ce qui m’inquiète un peu, c’est peut-être qu’un jour, il y aura des frictions entre nous et/ou un coup dur. Mais on a tout prévu : on a créé un compte commun. Je vous passe les détails de la façon dont Elodie fait nos comptes (elle a une maitrise de maths) mais on a créé un petit fonds de solidarité : l’idée de cette coloc’ est de faire des économies alors pour être certaines de se créer un petit bas de laine, on verse chaque mois 100 € chacune en plus de ce qui est nécessaire à la vie courante.

Au cas où l’une d’entre nous aurait un coup dur, on l’aide grâce au pot… Et si on n’a pas besoin du pot, on est en fin d’année à la tête d’une fortune de 4800 €. De quoi se faire une virée shopping, des spas, un week-end… de se faire plaisir…

Bref, on s’est fait notre APST. C’est toujours ça que les banques ne nous vendront pas comme crédit-conso.
Imaginez que la Star Alliance ou One world, avaient créé cette espèce de caisse commune… Quand la semaine dernière, Spanair (membre de la Star Alliance) et Malev (qui faisait partie de Oneworld) ont fait faillite, les compagnies de chaque alliance auraient pu assurer le transport des pax paumés aux aéroports.

British Airways aurait endossé les Budapest/Paris via Londres et Lufthansa aurait reprotégé les Barcelone/Helsinki… ça aurait toujours fait ça de moins pour les compagnies low-cost qui ont fait des tarifs « spéciaux » pour rapatrier les malheureux passagers lésés (et qui en ont profité pour lancer des lignes ou renforcer les fréquences sur les liaisons existantes)

Voilà… si les compagnies aériennes alliancées étaient des filles sympa et solidaires comme nous, elles auraient accepté les pax des autres et auraient cassé la tirelire commune (celle qui aurait été alimentée comme la notre par chacune) pour financer un coup dur : payer la boite de handling de Tel Aviv qui a refusé de préparer le vol Tel Aviv/Budapest par peur de ne pas être payée, par exemple…

Mais le monde n’est pas gouverné par des trentenaires parisiennes célibataires de bonne volonté. Un autre exemple de gestion commune moisie ?

TUI France. Une bien belle famille, tiens…

Dans le rôle de la mère indigne, Nouvelles Frontières. Elle se croyait plus belle que tout le monde, distribuait du rêve… ne regardait pas à la dépense… fuyait en avant, s’acheter à prix d’or un transporteur pour aller au soleil (et fixait elle même le prix de la course…). Et puis un jour, plus rien : les caisses sont vides.

Pour sauver la reine-mère, on appelle au secours Marmara, la jeune sœur un peu vulgaire, mais aux formes généreuses. Elle plaisait la petite sœur… toujours prête à faire la fête en all inclusive, elle aurait du être celle qui allait sauver toute la famille. Sauf que la petite sœur vivait grâce à ses enfants : une fratrie taillable et corvéable à merci mais qui, au fil du temps, est devenue un peu rebelle : elle a fait sa révolution, réclamait le droit de sortir le soir et d’avoir plus d’argent de poche… alors, ça a fait peur… Marmara perd d’un coup de sa superbe, et ne suffit pas à sauver la Reine-mère.

N’empêche que c’est la petite sœur à la cuisse légère (toujours prête à accueillir en son sein une nouvelle idée de vacances) qui a pris la tutelle de la reine mère.

Mais ça n’a pas suffit. Reine-mère et sa petite sœur n’ont plus un rond. Il faut les mettre au régime. On appelle au secours les deux petites cousines de Lyon. L’air de rien, tapies dans leur province, les petites cousines Aventuria-Objectif et Tourinter faisaient dans leur coin du bon boulot. On les entendait peu (même si Tourinter avait embauché une troupe de mannequins mâles pour faire sa promotion).

Février 2012. NF sous dialise, Marmara sous perfusion. Les chefs de famille demandent aux cousines de Lyon d’être solidaires : à Aventuria de donner un rein, et à Tourinter de se couper un bras. Emeute. A Lyon, on dit que « les plus jolies filles de la famille ne peuvent pas donner plus que ce qu’elles ont ». Et elles se mettent en grève. Font du bruit. Veulent se faire remarquer par la lady anglaise très digne qui pourrait distribuer un peu d’argent de poche. Mais la lady anglaise est sous-tutelle allemande. Et au risque de paraître xénophobe et de céder à la facilité, observons que « on ne rigole pas avec les Allemands ».

Les petites abeilles laborieuses seront-elles sacrifiées pour alimenter les grosses de la famille ? Ne vont-elles pas perdre de leur charme si on leur enlève un rein ou un bras ? Je soutiens à fond les gamines lyonnaises. Mais que puis-je faire pour elles ? Même pas leur faire un prêt à taux zéro : elles marchent très bien ! Il est vraiment injuste de leur faire payer les pots cassés !

La mutualisation, c’est bien joli quand chacun apporte sa patte personnelle à la création d’un projet commun. Dans l’affaire TUI, on demande aux petits enfants travailleurs de sauver les grands qui sont devenus incapables de bouger tellement ils sont devenus obèses.

Elles doivent bien regretter d’avoir rejoint la grosse famille TUI. Qui ne leur a rien apporté et qui les saigne désormais aux quatre veines. Je vais leur préparer une perf’ de mojito pour essayer de les rendre heureuses… Et faire des bisous magiques aux équipes de Tourinter et Aventuria.

lundi 30 janvier 2012

Léa ne fera rien pour aider Megavacances. Au contraire...


Depuis mai 2010 que je raconte ma life dans TourMaG et sur facebook (qui sont quand même les deux mamelles de l’information des agents de voyages), je m’attache à un truc : rester anonyme.


Oh, certes… j’ai déjeuné une fois avec Jean, notre rédac-chef préféré. Ça faisait un an qu’on s’échangeait des mails, qu’on chattait sur MSN, qu’on s’envoyait des SMS (oui… Jean a mon 06…) et il m’a convaincue de le rencontrer pour qu’on puisse discuter de vive voix… alors un week-end du printemps dernier où j’allais voir des copines à Aix, j’ai fait un saut à Marseille et Jean m’a invitée à déguster un poisson délicieux sur la corniche. J’en salive encore tellement il était bon. (le petit blanc qui l’accompagnait n’était pas mauvais non plus, mais c’est un détail…). Et puis cette vue sur la mer… pfff… je me demande parfois pourquoi j’habite Paris.


Habiter en Provence, c’est quand même un luxe que j’adorerais m’offrir. Les gens sont marrants, mille fois plus détendus qu’à Paris, ils sont bronzés toute l’année donc forcément plus beaux que nous qui avons une espèce de teint de navet…


La mer n’est pas loin, on peu aller skier en 3 heures de route, se balader tranquille…
L’un des problèmes de Marseille, c’est que les mecs ne sont quand même pas très classe : le look survêt-OM, la médaille de la Sainte Vierge dans les poils et l’haleine chargée à l’ail et au pastis, c’est pas trop mon genre. Déjà que je suis célibataire à Paris 11ème, ça serait sans doute pire à Marseille !


Mais la Provence, c’est beau ! Il y a en un qui a fait le grand saut. Je ne trahis sans doute pas un grand secret : Philippe Bertholet, le plus Belge de nos commerciaux préférés habite à côté d’Avignon. Tout les professionnels de la profession le savent.


Il faut que je vous avoue un truc… Philippe Bertholet est un copain. Quand j’étais un peu plus jeune (rien que d’écrire ça, je me sens vieille) et que je travaillais dans une usine à vendre des vacances de dernière minute dégriffées à pas cher, je travaillais beaucoup avec Best Tours. Un TO dont Philippe était le patron en France.


Best Tours affrétait un vol entre Paris et Phuket. Grâce à des contrats à l’année avec de gros hôtels, Phuket se vendait à prix béton. Certes, les prix d’appel étaient souvent sur des hôtels tout moisis mais y’avait aussi du quali’ pour ceux qui étaient prêts à payer un peu plus cher.


Et puis dans mon usine à vendre des vacances de dernière minute dégriffées à pas cher, on avait un bon deal avec Best Tours : outre un commissionnement à rendre fou n’importe quel acheteur, Best Tours nous accordait une exclu sur des petits hôtels mignons comme tout qu’on était tous seuls à proposer et que les clients avaient du mal à trouver sur le net. Bilan : vol XL à pas cher (rapport à l’engagement de Best Tours) + hôtel de charme + commission sexy = ventes en folie !


Quand je suis arrivée chez Big Boss Voyages, je suis tombée de haut quand j’essayais de vendre de la Thaïlande : je trouvais les tarifs cher, je n’avais plus les petites adresses dénichées par Best Tours en exclu pour mon ex-employeur de vacances de dernière minute dégriffées à pas cher, c’était devenu bien compliqué. Et Philippe, malgré nos bonnes relations, ne pouvait pas faire grand chose pour moi… la faute à ma « tête de réseau ».


Arrivée chez Big-Boss Voyages, trouver des solutions alternatives pour vendre la Thaïlande a été mon premier grand chantier : Isa m’a négocié des prix avec Cathay Pacific et Qatar Airways, j’ai harcelé ma réceptif adorée de questions sur les hôtels et je suis allée voir sur place. (oui, parfois, il faut se résoudre à aller sur le terrain, comme je le dis souvent « on fait pas des métiers faciles… »)


Du coup, j’arrive désormais à proposer « mes » trucs un peu exclu avec des séjours plage dans des hôtels dont je garde le secret et je les combine avec une découverte de Bangkok ou d’Hong-Kong. (du coup, le vol Paris/Phuket auquel je n’ai plus accès ne présente plus grand intérêt). Et la Thaïlande est l’un des grands succès de l’agence.


Et voilà que j’apprends aujourd’hui que Philippe revient avec son petit cartable et son délicieux accent belge dans nos agences : « Megavacances », ça vous dit quelque chose ? C’est une marque de cahiers de vacances qu’on avait quand on était petits pour « ne pas déconnecter complètement pendant les grandes vacances » : du coup, on faisait des exercices soit-disant ludiques pour ne pas retourner à l’école début septembre complètement décérébrés…


Megavacances, c’est aussi la nouvelle marque au nom cheapissime de Karavel (vous savez, la boite qui a entre autres Promovacances et Un Monde à 2).


Bref, en cette période où « le marché se contracte » (j’adore employer ce genre d’expression délicate qui évite de dire « comme c’est la cata’ en ce moment » ), ça doit aller moyen chez Karavel et il faut trouver de nouveaux débouchés pour écouler les stocks aériens et hôteliers. Donc, qu’est-ce qu’ils font ? Ils essaient de se positionner sur le réseau de distribution. Comme quoi, on sert encore à quelque chose…


Alors ces gens qui n’ont cesse de mettre la pression chez les fournisseurs en réclamant des 18% de commission plus incentive, qui payent quand ils ont le temps et qui imposent des conditions draconiennes aux fournisseurs se mettent au modèle B2B. A se demander comment (et à combien) ils vont nous commissionner.


Bref, la question qu’on doit se poser dans les agences tradi, c’est « qu’est-ce qu’on fait ? »
Doit-on céder aux sirènes de Megavacances et vendre les produits de cette nouvelle marque ? On en a parlé 5 minutes avec Big-Boss et Isa ce soir et notre réponse est « non ». Fermement, non !
Pas question de livrer en pâture à Karavel les coordonnées de nos clients (Megavacances va bien leur remettre des questionnaires de satisfaction pour les récupérer…) au risque de les perdre. On a blacklisté Jet Tours pour cette raison, on ne va pas ouvrir notre carnet d’adresses à Promovac via Megavacances…


Karavel doit bien savoir que pour conquérir la confiance des agences, Megavacances doit faire ses preuves. En ce sens, embaucher un mec du talent de Philippe Bertholet est le minimum !
Philippe, tu es adorable et je t’aime beaucoup mais je souhaite ardemment que Megavacances se plante. Je disais un jour « il y a trop de TOs ».


Dans un monde parfait, on ne devrait pas tous vendre la même chose. J’ai déjà écrit au moins 1000 fois que « le jour où je ne pourrai vendre que du Thomas Cook et du TUI, je changerai de métier ». Et bien je n’ai pas envie de changer de métier. Et si je ne veux pas proposer la même chose que les agences TUI et Thomas Cook, ça n’est pas pour vendre ce que mes clients trouveront sur les sites des usines à vendre des vacances de dernière minute dégriffées à pas cher.


Alors, toutes ensembles, mes sœurs, potassons, réfléchissons, construisons nous-mêmes les vacances personnalisés de nos clients adorés. C’est à ce prix qu’ils resteront dans nos petites agences.


Et si Megavacances se plante grâce au travail de sape quotidien des agences qui refuseront de vendre les produits de ce groupe qui tente chaque jour de nous piquer « nos » clients, je serai la première à faire un bisou magique à Philippe pour le consoler.



mardi 24 janvier 2012

Léa est bien trop jeune pour mourir

J’ai reçu plusieurs mails cette semaine, genre « alors Léa, t’as rien à dire sur la naufrage du Concordia ? ». Alors si… figurez-vous, j’ai un million de choses à dire. Ce truc m’a bouleversée. Mais en ce moment, je prépare mon déménagement et donc, je manque un peu de temps. (oui, pour moi, une nouvelle étape de ma vie commence, je vous raconterai ça dans un prochain post…)


Oui, j’ai été bouleversée par les images. Ces buildings flottants semblent pouvoir dominer le monde et puis, ils sont comme tout le monde… fragiles. Ça m’a un peu rappelé les twin towers de Manhattan un fameux 11 septembre. On voit ces trucs fiers, insurmontables, solides… et puis d’un coup. Badaboum.


Bon… aux dernières nouvelles (mardi 24 janvier à midi), il n’y aurait « que » 15 morts et 19 disparus. Sur les 4229 passagers et membres d’équipage embarqués, il n’y aurait donc « que » 1% de perte. Bien entendu, chaque perte humaine est inestimable.


Dans la « liste » des disparus, je trouve assez indécent qu’on distingue les passagers des membres d’équipage et qu’on les « classe » par nationalité. Comme si un passager français avait plus ou moins de valeur qu’un passager hongrois…


Lundi dernier, Libé publiait le témoignage d’un serveur sud-américain et titrait « Les héros, c’est nous : Colombiens, Honduriens, Chinois… Le serveur sud-américain racontait comment l’équipage, composé de gens de 20 nationalités, a sauvé, selon lui, au moins 500 personnes dans le naufrage du Costa Concordia... » Pendant que le commandant avait glissé dans une chaloupe (c’est ballot, ça… tiens…) contrairement au précepte bien connu du « le commandant est le dernier qui quitte le navire »


Bon, la où on est tous d’accord, c’est pour dire que le commandant de bord semble être une belle ordure. « Ouh la la, la bloggeuse déraille » vous dîtes-vous… Non ! Je reprends ce que dit la presse ! Il s’appelle Francesco Schettino, et même si chacun a le droit de bénéficier de la présomption d’innocence, reconnaissons à ce Monsieur le titre peu envié de « personne la plus détestée d’Italie ». C’est son titre officiel. Berlusconi doit peut-être regretté d’avoir quitté le pouvoir.


Francesco Schettino a tout du genre de mec a qui tout réussit… à qui rien ni personne ne pourra résister… bronzé, la chemise ouverte sur un poitrail velu (il ne manque plus que la médaille de la sainte vierge), on l’imagine très bien prendre le micro pour entonner « love boat » ou faire une blague graveleuse. Le côté vieux beau gominé sur le retour, sorte de crooner mitigé de Berlusconi me débecte un peu. Mais c’est un avis personnel… mais il me rappelle un peu un homme politique français qui aurait récemment « raté son rendez-vous avec les Français ». Le même regard qui déshabille. Mais je m’égare…


Il semblerait quand même (selon les premiers éléments de l’enquête) que le commandant ait demandé à son équipage de frôler d’un peu près les côtes de l’Adriatique pour les « saluer », contrairement aux procédures en place dans la compagnie.
Bon. La justice a été saisie et puis, il parait qu’on ne tire pas sur une ambulance.


Ce billet est destiné aux professionnels du tourisme, donc abordons cette catastrophe d’un point de vue professionnel. Reconnaissons à Georges Azouze et ses équipes leur grand professionnalisme, leur réactivité et leur dignité. (même si eux aussi, ont commencé à tirer à boulets rouges sur le commandant en question). Et espérons que les agents de voyages et surtout les clients ne fassent pas d’amalgame entre cette catastrophe unique et le nombre de bateaux de croisière qui circulent tous les jours sur tous les océans et mers du monde sans dommage.


Parce que depuis quelques années, entre les catastrophes dans les transports, les crises naturelles (genre tsunami, tremblement de terre ou inondations) et les événements politiques, c’est quand même bien compliqué.


La croisière semblait être le produit miracle : pas de risque de moyen de transport bloqué par une grève des pilotes, des contrôleurs ou des hôtesses… pas de bagage perdu (il suit le client…), pas de surbooking, pas de problème géopolitique (au pire, on reroute le bateau…), on peut vendre la croisière les yeux fermés ! et bien non, le produit miracle n’existe pas !


D’ailleurs, je ne sais pas si vous avez remarqué, mais la presse est unanime : on va tous crever.
Je me faisais la réflexion jeudi dernier. Comme c’est « plutôt calme » en ce moment à l’agence, j’avais pris une journée de récup pour faire les soldes. Les rues étaient noires de monde. Les boutiques vomissaient de clientes qui portaient des sacs à chaque bras…


Moi, je n’ai rien acheté. J’ai eu un petit coup de déprime. Parce que même si les trois-quarts des boutiques devaient presque refuser du monde, les agences de voyages restaient inexorablement vides.


Voir ces agences de voyages vides me fait vraiment déprimer. Chez Big-Boss voyages, on met de la musique pour s’ôter cette pesante impression de silence. Chez nous, encore, on est nombreux… donc voir ces vendeurs alignés derrière le comptoir comme des mannequins donne l’impression que l’agence tourne… et puis le volume d’activité aux sociétés est assez soutenu, donc le téléphone sonne un peu…


Mais chez la plupart de mes confrères, je vois le plus souvent deux filles, parfois une seule (mais comment fait-elle pour survivre ?) dans des boutiques vides.
Je n’ai pas envie que les agences de voyages « de quartier » disparaissent comme les petites librairies et les disquaires indépendants ont disparu dans les années 80 et 90. Pourtant, je m’inquiète.


Les petites agences ferment les unes après les autres, les réseaux régionaux (moi, je n’arrive pas à appeler « mini réseaux » des trucs à 25 points de vente) ferment des boutiques (pardon… elles ne ferment pas : elles « rationalisent leur maillage », mais en gros, le résultat est le même...)


En ce moment, il semble que tout le monde flippe : dans le monde de la distribution, on s’observe… j’ai surtout l’impression qu’on fait tous la même chose : on essaie de fidéliser notre portefeuille clients, on tente par tous les moyens de se faire remarquer de ceux qui nous ignorent et… on sert les fesses.


On lutte contre les mutuelles qui vendent la même chose que nous (mais moins cher), on lutte contre les pure-players (chez Big-Boss Voyages, on a accès à la base de données d’Expedia… et on gagne quand même 11%...), on se bat contre les réceptifs qui vendent en direct… et là, on flippe de voir débarquer « google travel » sur nos plates-bandes.


Je n’ai pas du tout compris en quoi ça allait nous faire de la concurrence, mais on a survécu aux usines de vacances en promo dégriffées de dernière minute sur internet, aux call-centers puis aux sites web des compagnies aériennes en direct, à Trip Advisor et aux ventes privées… dans le combat du pot de terre contre le pot de terre, je reste encore optimiste. Et tant que je n’ai pas compris ce qu’allait être « Google travel », je peux encore dire « même pas peur… »


Mais quand même, dites moi… on va pas tous crever, hein ?


Parce que ce mercredi, on va savoir si runaworld fait la faillite ou si l’activité continue… Comment pourrait se casser la figure une si grosse agence de billetterie… filiale du Crédit agricole, au capital d’1,4 M€, qui a développé des solutions technologiques hors-pair, qui promet de SBT super-efficaces et des statistiques au service des entreprises (et de leurs politiques d’achat), des frais de gestion comprimés parce que « tout le boulot opérationnel est fait par les entreprises » ? Si une agence à l’apparence aussi solide peut faire faillite, comment on fait, nous, les petites agences de détail, pour s’en sortir ?


On travaille sur les marchés de niche ?
Le tour-operator ATTITUDE TRAVELS, l’un des très rares à proposer des voyages « gay » en France a aussi déposé son bilan le mois dernier. Pourtant, elle avait un bassin de clientèle super important : 5 à 7% de la population française » serait gay selon Max. (et 80% des contacts téléphoniques enregistrés dans son blackberry, mais ça n’a rien à voir). Et ben, faillite quand même… C’est expliqué là :
http://www.attitude-travels.com/


On se lance dans le package dynamique tout simple ? avec des marges faibles mais une techno infaillible qui permet de compresser les coûts au maximum ? C’était le modèle économique de neofly qui a pourtant fait faillite il y a quinze jours…




Et je ne parle même pas de cette agent de voyage de Chinon qui vendait des billets d’avion et qui « oubliait » de les émettre…


Bref, à ce rythme là, on devrait tous crever… et si il n’y a plus d’agence de voyages, je ne sais pas pour qui je vais écrire…