vendredi 18 mai 2012

plutôt une petite (entreprise) agile qu'une grande toute molle...

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais pour pas mal de boites de tourisme (et en particulier les plus grosses), en ce moment, ça sent un peu le sapin… crise financière, bulle immobilière gonflée à bloc, moral des ménages en berne, pouvoir d’achat mis à mal… c’est carrément impossible un poil compliqué de faire des affaires. Et à cause des 4 jours fériés du mois de mai (et autant de ponts), on n’a que 23 jours ouvrés en mai 2012 contre 26 en mai 2011. Ça ne va pas être facile de faire le même chiffre ! au moins dans les agences physiques…

Lors de la campagne présidentielle de 2007 (parfois, mes références et ma capacité à ne pas voir le temps passer me surprennent…), Ségolène Royal s’était approprié le terme « agilité du travail » pour l’opposer à la « flexibilité du travail » défendue par son adversaire. Traduction : être flexible, c’est se plier/casser et faire des efforts ; être agile, c’est sautiller dans tous les sens comme une danseuse de zumba sous exctasy. Vous voyez le tableau ou vous avez besoin d’un dessin ? C’est dynamique, énergique et ça ne fait pas mal.

Et là, vous vous dites « Léa s’aventure sur un terrain glissant ». OK… je crois qu’on en a tous ras le bol de la politique et de la campagne que nous venons de vivre.

Revenons à nos moutons. Chaque fois qu’il y a une crise, une entreprise est condamnée à s’adapter. Et plus l’entreprise attend, plus elle se met en danger… elles fonctionnent comment, les boites de tourisme, aujourd’hui ?

Les plus petites sont agiles… Je vous l’expliquais dans mon dernier post : pendant que Coralie va partir couver Alien 2, on va jouer aux chaises musicales : Big-Boss reprend les groupes à la place d’Isa, parce qu’elle passe aux sociétés pour palier le fait que Sonia renforce le tourisme… pour remplacer Coralie ! On est petits, on est « agiles » comme le disait l’ex de notre nouveau président.

Et pendant ce temps là, que se passe-t-il chez les plus gros ? On se tirlipote :

Chez TUI France, le comité d’entreprise et l’intersyndicale « remettent en question le bien fondé du plan social ». Ah ouai, quand même ! Depuis que je travaille dans le secteur, j’ai l’impression que cette boite enchaine les restructurations, les réorganisations et les plans sociaux. Visiblement, les précédentes évolutions n’ont servi à rien puisque chaque réorg’ est immédiatement suivie d’une nouvelle. Et Jean-Marc Siano (gueule carrée, épaules larges, sourire éclatant), autrefois porté aux nues, est désormais soupçonné d’avoir réussi à maquiller les comptes pour faire croire que la situation s’améliorait alors qu’en fait, elle se dégradait aussi vite que la cote de la Grèce selon les agences de notation…

Et chez Thomas Cook ? Quelqu’un y comprend quelque chose ? Denis Wathier (yeux bleu acier, moue boudeuse, humeur de dogue) a été sacrifié sur l’autel de la rentabilité car il était responsable de tous les maux de l’entreprise (l’actionnaire n’avait sans doute pas entendu parler du printemps arabe). Pour le remplacer, on élève Rachel Picard, sa fille spirituelle (mais adorée de tous) au rang d’égérie miraculeuse. Six mois après, elle disparaît. Thomas Cook plc trouve en effet que sa filiale française sous-performe... Même Big Boss et son coach n’osent pas employer ce terme moisi.

Je continue ? Allez, je n’évoquerai pas la moribonde Air France(on ne tire pas sur une ambulance) mais plutôt la compagnie modèle européenne : Lufthansa. Figurez-vous que la compagnie envisage de sous-traiter l’emploi des PNC. Je traduis : les hôtesses et stewards de Lufthansa seraient bientôt employés par « une boite extérieure ». Bêtement, je pensais que l’humain devait être au cœur de la stratégie d’une boite de service. Je dois vraiment être une petite blonde stupide pour croire des trucs aussi sots.

Et chez Easyjet (que je connais un peu de l’intérieur, si vous voyez ce que je veux dire…), on a ouvert une base à Toulouse (et on y a basé des avions) et décidé de… ne pas y baser d’équipage ! Du coup, les PNC de la base de CDG dorment sans arrêt à Toulouse pour assurer les vols au départ de la nouvelle base. (rien qu’en avril, mon Nico a passé 7 nuits à Toulouse, mettant ainsi en péril l’harmonie de notre couple l’équilibre financier de la compagnie). Pas de problème d’effectif cependant pour assurer les vols de CDG : les équipages ont été tellement surdimensionnés que depuis des mois, ils ont davantage de jours de stand by que de jours de vol.

Bref, c’est juste du grand n’importe quoi ? ou ces organisations sont en fait le fruit de stratégies brillantes que je ne suis pas capable de comprendre?

Je ne suis peut-être qu’une petite cadre inférieure blonde et stupide, mais je m’insurge vraiment contre ces bâtards de dirigeants cupides qui ne sont pas capables de mettre en place des organisations, des méthodes de gestion et des systèmes de reporting pour maintenir le cap de leurs boites.

Mon Big-Boss (qui a ses défauts, hein… le premier d’entre-eux étant de ne pas avoir le regard de Denis Wathier…) sait où va son bateau. En bon capitaine, il regarde au loin son cap, évite les écueils et communique avec son équipage… et si je file la métaphore marine, c’est parce qu’au milieu de la tempête, notre petit bateau flotte bien…

Oui, Big-Boss est agile. Il sait exploiter les compétences de chacun, animer sa team et travailler tous les marchés : l’agence est généraliste mais spécialiste du Maroc, elle est à dominante « tourisme individuel sur-mesure » mais on traite des sociétés, du groupe constitué et des GIR culturels, c‘est une agence physique mais les ventes web ne sont quand même pas négligeables, on traite plutôt du « haut de gamme » mais Big-Boss nous a proposé de penser au développement d’un segment « low cost ».

Parce que oui, Big Boss sait exploiter impliquer son personnel (Isa, le schtroumpf à lunettes et les petites du comptoir). Pour développer le segment « low cost », Big-Boss n’a pas mandaté de consultant en stratégie expert en rétro plannings et en présentations powerpoint. Il a senti une tendance, en a parlé à sa team, nous a écoutés (l’ex du nouveau appelait ça la « démocratie participative » dans la campagne de 2007). Un week-end du mois de juin (la date reste à définir), on va brainstormer comme des malades à l’île de Ré, le fief de Big-Boss. Entre une balade à vélo et une dégustation d’huitres, on va penser « évolution de l’agence ». Pour la rendre agile…

Et si j’étais à la tête d’une grosse machine pataude, je m’inquièterais de la concurrence discrète et efficace de ses petites boites créatives… mais je dis ça, je ne dis rien…



jeudi 19 avril 2012

Coralie a encore un polichinelle dans le tiroir

Elle avait l’air vraiment moisie crevée… J’avais mis ça sur le compte de l’hiver qui n’en finit pas, de la longue bronchite de son horreur de petit Melvil, des clients relous qui ne savent pas ce qu’ils veulent, du temps passé dans les transports depuis qu’elle a déménagé à dache-en-banlieue si loin… et puis, il y a trois semaines, comme je ne suis pas si cruche, quand même... j’ai compris.

C’était un samedi. Coralie et moi étions toutes les deux punies de permanence. Comme je m’étais levée tard, je n’avais pas pu prendre un vrai brunch avant d’aller travailler : à peine le temps de me caféiner, de prendre un croissant et un peu de vitamine C. Pendant que je sautais sous la douche, Nico m’avait préparé un petit panier « sushis, smoothie, chocolat, pomme » pour que je tienne le coup jusqu’au soir. Je suis arrivée ce jour là à l’agence, en retard, haletante et les cheveux fous.

Je ne rentre pas dans les détails de la matinée car je suis une fille de peu de mots... 15 heures. Fringale. Je m’isole 5 minutes dans notre micro-cuisine pour aller avaler mes sushis, en remerciant le ciel de m’avoir fait rencontrer un garçon aussi prévenant que mon Nico.

« - je t’en ai gardé deux
- non, merci, c’est gentil, mais je n’ai pas très envie».

Je connais Coralie depuis 4 ans. C’est la première fois que je la vois refuser des sushis. J’ai mobilisé mon neurone et je me suis concentrée. L’air fatigué, le teint blême, le cheveu pauvre, le refus de manger des sushis… je crois bien que j’ai compris !

J’en ai eu le cœur net à la fermeture. Le chéri de Coralie devait passer la prendre vers 19h et on n’avait pas du tout envie de rester à l’agence après 18h alors que l’après-midi avait été chiant comme chaque samedi à l'agence tranquille et qu’on n’avait pas de retard dans nos cotations.

« viens, on va boire un verre en face en attendant ton chéri ». On s’installe et je commande comme d’hab’ deux mojitos (le week-end, on a le droit de boire tôt…) « non, non » corrige Coralie « je vais prendre un thé citron ».
 
Raide comme la justice, je l’ai regardée dans les yeux, façon « tu m’as trahie ». Là, le rose lui est monté aux joues et a elle ajouté, complètement paniquée d'êtr obligée de me l'annoncer un peu embarrassée « ben quoi, j’ai froid… ».

Ben voyons. Tu dédaignes mes sushis, tu as froid dans ce bar surchauffé et maintenant, tu refuses un cocktail. Tu me prends vraiment pour une idiote ?

Elle est passée de rose à rouge. Son visage s’est ensuite éclairé pendant que le mien se décomposait. J’avais vu juste : Coralie a à nouveau un polichinelle dans le tiroir. D’après les savants calculs de son médecin, la date de conception de celui que nous appellerons désormais Alien II le futur bébé (en attendant qu'elle lui donne un nom aussi improbable que Melvil), c’est le 22 janvier. Et là, Coralie a pouffé « le dernier jour de l’année du lapin ».

Alors… je trouve que les enfants c’est adorable (de 2 à 6 ans… avant, ça ne sert à rien et près, ça devient tout de suite des espèces de pré-ado débiles), il faudra bien que quelqu’un paye ma retraite, mais de là à se reproduire comme des lapins, ça va bien…

J’ai compté sur mes doigts. Terme le 22 octobre, congés mat’ du 1er septembre à mi-janvier… juste l’horreur. Coralie ne vendra pas les vacances de la Toussaint, Noël et les mois de janvier/février/mars… presque les mois les plus importants sur l’Asie, les Caraïbes et l’Océan Indien, les destinations où Coralie excelle.

Je devrais me réjouir de la maternité de ma collègue, je réagis en cadrette-manageuse… j’ose l’avouer même si je suis jeune et féministe : les congés mat’, c’est dur à gérer pour l’équilibre d’une équipe… mais j’ai eu ma petite larme… les bébés, c’est diabolique magique. De là à installer une pouponnière chez Big-Boss Voyage, il y a un pas que je ne suis pas prête à faire…

Coralie m’a fait promettre de garder le secret. J’étais toute perturbée devant mon mojito (Coralie avait l’air d’une espèce de chose moisie maladive en sirotant son thé) mais je n’ai rien dit. Je vous promets : j’aime tellement qu’on me confie des secrets que je suis vraiment capable de me taire ! Coralie a attendu encore deux semaines pour faire une déclaration officielle à Big-Boss.

Et ni une ni deux, Big-Boss nous convoque, Isa et moi à une réunion off-site. (je traduis : on bouge nos fesses jusqu’à un endroit improbable loin de l’agence pour se concentrer sur un sujet donné). Ça doit encore être un truc de son coach. Pour qu’on puisse laisser exprimer le côté marketing de nos cerveaux (mon dieu, où va-t-il nous trouver ces expressions ?), il nous a donc isolés tous les trois dans une espèce d’hôtel de luxe design avec des salles de réunion trop climatisées à Pernety.

Vous ne savez pas où est Pernety ? Rassurez-vous : personne ne sait où est Pernety ! Je vais vous expliquer : c’est à dache dans le quatorzième arrondissement. On n’y va jamais et on sait pourquoi ! Depuis chez moi, il faut changer 2 fois de métro et terminer par la ligne 13 ! Un cauchemar…

Surtout que Big-Boss nous a dit : « on se retrouve dés 8 heures pour le petit dej là bas… Comme ça, on attaque encore frais ! ». alors moi, je ne suis pas fraiche avant 10h ! C’est ainsi que je me suis levée à 6h15 et que j’ai pris le métro à 7h pétantes pour aller à Pernety (mon Dieu, coment chéri, ce héros interplanétaire, fait-il pour se lever à 3h30 quand il bosse sur le premier vol ?)

Le sujet : comment on s’organise pendant le congé maternité de Coralie ? En intro, Big-Boss nous explique qu’il ne veut pas embaucher. L’hallu ! il a pris des feutres de toutes les couleurs et a calculé en équivalent-plein temps. « on peut s’en sortir ». Comment ? Sonia bascule 100% tourisme avec Amandine et moi, Isa soulage Max aux sociétés, Big-Boss assume les groupes à la place d’Isa. Les chaises musicales…

Sauf qu’ouvrir le comptoir 61 heures par semaines à 3, en ayant la certitude de ne pas laisser une fille toute seule, je ne sais pas faire… même avec les heures supp magiques de Big-Boss.

Je me suis décidée à faire mon coming-out : « j’ai un amoureux qui travaille juste 70 ou 80 heures par mois (même pas la moitié de mon temps de travail à moi) sur un rythme de 6 jours de boulot / 3 jours de congés et je veux passer du temps avec lui… alors les heures supp, ça m’intéresse moins qu’avant ».

C’est comme si j’avais lâché une bombe. Je crois que Big-Boss m’a alors imaginée enceinte… je l’ai vite rassuré… pas question de faire un bébé avec Nico qui est à peine majeur un peu jeune, en CDD et que je ne connais que depuis 2 mois... (enfin, 6 semaines…)

Bref… on a tourné le truc dans tous les sens et ça a donné ça : on n’ouvre plus qu’à 10 heures le matin au lieu de 9h… Sonia ouvre, Amandine et moi bossons en alternance de 10h à 20h ou de 12h à 20h et on prend chacune une journée de récup par semaine en fonction des jours off de Nico.

J’ai arraché une concession à Big-Boss : les filles et moi, on se concentre à fond sur le contact clients mais on embauche un petit contrat de qualif’ ou un espèce de secrétaire pour les bases besognes calculer les cotations, taper les programmes et les mettre en forme.

Sauf que du coup, ça veut dire que de septembre à janvier, on est un très très mal pour les éductours, les formations et les vacances, et qu’il n’est pas question de tomber malade. Et j’ai déjà écrit « vacances » sur l’ensemble du mois de février 2013 pour m'en remettre ! Comme sur les deux prochaines semaines d’ailleurs… je vous donne rendez-vous le 9 mai. Si vous êtes sages, je vous enverrai des cartes postales de Jordanie et d’Israël ! et qu’on ne me parle pas d’enfant d’ici là…


jeudi 5 avril 2012

Le sport préféré des contrôleurs aériens : se mettre en grève

Je n’ai pas été très active sur mon blog ces temps-ci… mais il faut dire que je suis excitée comme une gosse de 16 ans amoureuse. Oh, je sais… je vous jette avec une insolence crasse mon bonheur naissant au visage, mais que voulez-vous ? Je suis tellement heureuse


Résumé des épisodes précédents. 3 mars : je croise Nicolas dans un bar. Regards. Compliments. Drague timide. 4 mars : deuxième rendez-vous. Mojitos. Rires. Murmures. Caresses. Folle nuit d’amour. (Je couche toujours le premier soir parce qu'on n'est jamais sûre qu'il y en aura un deuxième). Depuis 40 jours, c’est le bonheur parfait. (et j’ai l’impression de le connaître depuis dix ans, tellement tout est simple entre nous).

Forcément, soudainement, la vie est belle. Un bisou de Nico et un rayon de soleil ? Tu crois que c’est l’été. Comme la vie te sourit, tu arrives à l‘agence en chantonnant. Comme les températures sont douces, tu te laisses aller à mettre une petite robe légère et tu viens travailler à Vélib cheveux aux vents, un brin d’herbe folle entre tes lèvres brûlées par les baisers de ton bien-aimé.


Etre amoureuse, ça rend la vie belle, mais parfois un peu compliquée. Tu es sur ton petit nuage, tu te dis que rien ne pourra t’atteindre, que la vie est merveilleuse… et puis, vlan ! Angine. Ma grand-mère avait raison : « en avril, ne te découvre pas d’un fil ».

Et en mars ? Ben… pense à mettre une écharpe de laine ! C’est tellement vexant de choper une angine trois jours après être arrivée à l’agence en robe d’été… Ma pauvre fille, on est mi-mars…

Alors ta petite robe légère, tu la remets dans ton placard et tu la ressortiras en mai. Pas avant. Et jusqu’à la fin du mois d’avril, tu ne lâches pas tes bottes et tes pantalons et tu penses à prendre chaque matin un cardigan et un foulard…
A l’agence, c’est pareil : mars a été le mois parfait à l’agence. On a beaucoup vendu et facturé après un mois de février assez atone. Les dernières minutes ont bien fonctionné, on a vendu Pâques et les ponts du mois de mai, on a engrangé des ventes pour juillet/août et même pour la Toussaint. A chaque client, hop ! un sourire enjoué (facile, il me suffit de penser à Nico), un mouvement gracieux pour repositionner la mèche rebelle qui barre mon front, un éclat de rire cristallin à chaque bon mot d’un client… on est irrésistibles !

Big Boss recomptait les chiffres tel Picsou qui nage dans sa piscine de billets… il était aux anges. Il s’est fendu d’un petit mail a-do-rable pour nous annoncer ces bons résultats, il s’est félicité de l’implication de l’ensemble de l’équipe (il dit « la team », je déteste…) et a eu un petit mot gentil pour chacun : la rigueur d’Isa, mon dynamisme, la productivité d’Amandine, la bonne humeur de Max, la force de travail de Sonia, la culture de Jeff, le sens du service de Coralie, la démarche commerciale parfaite de chacun d’entre nous… ça, c’était le samedi 31 mars…

Et puis, le lundi 2 avril, catastrophe ! Comme si on n’avait pas assez des grèves à répétition d’Air France, d’Iberia (chaque semaine, les lundis et vendredis…), de Lufthansa, de Cyprus Airways, de l’ensemble des salariés grecs et espagnols… les contrôleurs aériens français repassent pour une nouvelle couche : 2 jours de grève dure et massivement suivie.

Je ne sais pas ce que vous avez fait les 2 et 3 avril, mais nous, on a eu deux jours de pure folie. Vols annulés à la dernière minute, clients arrivés avec genre 3, 4, 6 heures de retard…. Voire bloqués en nombre un peu partout dans le monde (mais surtout en Espagne, en Italie et au Maroc), Compagnies aériennes incapables de trouver une solution digne de ce nom, réceptifs débordés par les clients à retransférer, clients affaires qui hésitent.

Je ne devais pas travailler lundi et mon Nico était en jour de repos. Un peu inquiète, à peine réveillée d'une folle nuit d'amour, j’ai appelé Big Boss à 15h qui m’a répondu simplement « c’est l’horreur ». J’ai alors quitté les bras musclés de Nico, me suis précipitée à l’agence et fait ma Shiva (la meuf aux 8 bras).

Rien ne peut m’horripiler davantage que ces cadres fringants qui négocient des contrats de millions de dollars et qui demandent à leur agent de voyages des conseils qui tuent : « mon vol est annoncé avec 4 heures de retard, vous feriez quoi à ma place ? vous annuleriez votre voyage ou vous décaleriez votre retour ? » (à ta place ? je déciderais toute seule sans me faire assister par mon agent de voyages) ou encore mieux « rentrer mercredi au lieu de mardi ? mais je n’ai pas pris assez de vêtements de rechange ! » (écoute, là… demande à ta mère, parce que moi, je ne sais pas résoudre les petits problèmes domestiques…) « et vous croyez que demain, ça ira mieux ? » (attends, je prends ma boule de cristal et je te dis…)

Une fois encore, chez Big-Boss Voyages, nous avons répondu au téléphone façon hot line « SOS détresse » de tôt le matin à tard le soir, nous avons brassé du vent et transpiré comme des folles démontré notre valeur ajoutée en nous rendant disponibles pour nos clients moisis bloqués à Paris, aux 4 coins de l’hexagone (j’adore cette expression…) ou un peu partout en Europe, nous avons réservé à la hâte des billets de TGV entre Paris et l’Italie et même des trains de nuit entre Madrid et Paris… nous avons passé le reste de la semaine à rédiger pour nos clients des courriers de demandes d’indemnisation auprès des compagnies aériennes… Bref, on a materné tout ce petit monde…

La vague du tsunami passée, et ne reculant pas devant l’ampleur de la tâche, Big-Boss a passé sa journée de mercredi à fayotter envoyer des mails pour expliquer aux clients coincés (et décoincés grâce à nous) combien ils avaient eu raison de passer par une petite agence de voyages qui apporte un service personnalisé et pas par un call center de Belfort, suivez mon regard parce chez « Big-Boss Voyages, vous pouvez compter sur la team avant, pendant et après votre voyage ».

Comme ça n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces, son courrier aux clients des entreprises affectés par la grève se terminait par « nos clients sont nos meilleurs ambassadeurs. Si certains de vos fournisseurs, clients et partenaires ne sont pas satisfaits de leur agence de voyages, parlez-leur de notre service. Ils vous en seront reconnaissants. »

Et comme Big-Boss a bien compris que sans la mobilisation de « sa team », il n’est que peu de choses, il nous versera une prime exceptionnelle pour avoir assuré un service « toujours de qualité » pendant ces deux jours éprouvants malgré l'envie de broyer un contrôleur aérien entre deux camions pour faire un exemple.

« Faire et défaire, c’est travailler » disait ma grand-mère. Et je vous assure qu’à chaque fois qu’on fait ou qu’on défait, c’est une ligne de frais d’agence en plus… il y a des jours, on remercierait presque les transporteurs de nous avoir supprimé la commission…

Et moi, j’ai trouvé un nouveau slogan pour les contrôleurs aériens : « à nous de vous faire préférer le train »

 

samedi 17 mars 2012

Léa est amoureuse... d'un steward Easyjet

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais depuis que la nouvelle version du site TourMaG est en ligne, les écrits des « non-journalistes » contributeurs de TourMaG sont regroupés dans la rubrique « chroniques d’experts ». Moi, je suis en quelque sorte la pétasse blonde sans cervelle l’expert-distribution. Ça m’a fait rosir de bonheur de l’apprendre.

Mercredi, Jean-Louis Baroux, expert « avion » (et notre maitre à penser dés qu’on parle transport aérien) écrivait à raison en parlant d’Air France qu’« à force de dégrader le produit, en particulier sur le moyen-courrier, celui-ci est devenu l’équivalent des transporteurs low-cost ».

Et ben je vais vous dire… y’a pas qu’Air France. Le week-end dernier, je suis allée à Madrid et j’ai volé pour la première fois de ma life sur Air Europa

Pour vendre cette compagnie toute moisie régulièrement, je savais que les « prestations étaient proposées à la vente à bord ». (arriver à dire « si tu veux manger, tu payes » avec autant d’élégance, c'est fort !). Ce que je ne savais pas, c’était que même quand on est petite et fine comme moi, on a les genoux sous le menton, et que les hôtesses étaient super vulgaires et cheap lookées Prisu en jeans…

Bref : low cost ou compagnie de renom, c’est pareil ? Depuis quinze jours, je suis baignée dans le low cost. Ceux et celles qui suivent ma life sur ma page facebook le savent : je suis amoureuse et il bosse sur Easyjet.

Certes, je tombe amoureuse assez vite et tous les 4 matins assez régulièrement. C‘est pas de ma faute : je suis folle j’ai un grand cœur… Je vous explique comment ça a commencé…

J’ai rencontré Nicolas dans un bar. Un samedi classique. La soirée (on était 6 filles) avait commencé par une petite bouffe tranquille à ma coloc’ et s’était poursuivie par une opération mojitos dans un bar d’Oberkampf où nous avons nos habitudes. On s’installe… et comme d’habitude, je lance un regard circulaire vers l’assistance pour me trouver un mari. Des clones parisiens comme on en voit partout. (de haut en bas : cheveux ras, polos ou sweets à capuche, jeans ou pantalons de treillis et baskets Adidas). Mon regard s’est posé sur ce petit groupe pétillant : deux garçons et deux filles. L’air détendu et heureux. De ce groupe, je n’en voyais qu’un (j’étais presque hypnotisée) : Nicolas.

Comme je suis super relou parfois ne suis pas vraiment discrète, Nicolas a remarqué que je le fixais… Sourires de part et d’autre, chuchotements de Nico à son copain, assentiment du copain en question… et Nico est arrivée dans mon petit groupe pour me glisser à l’oreille un compliment qui m’a fait rougir.

Premiers échanges timides. On avait l’air un peu idiots tous les deux plantés là avec mes copines… Comme il n’était pas l’air très entreprenant (et que j’étais complètement saoule un peu pompette), c’est moi qui lui ai proposé une invitation à boire un verre le lendemain : je préférais nous laisser 20 heures pour vomir et avoir l'air à peu près normale préparer ce premier tête-à-tête.

Vous savez comment c’est une fille qui se prépare pour un premier rendez-vous : le lendemain, j’ai changé de coiffure 4 fois, essayé 12 tenues différentes (avant d’enfiler mon jean préféré, celui qui a la forme de mes fesses tellement il est râpé, une paire de bottes et un chemisier un poil trop décolleté), je suis arrivée à peine 5 minutes en retard… et il était là. Encore plus beau que la vieille.

Comment un garçon peut il être aussi parfait ?

Nicolas a les yeux turquoise, une peau de pêche, un sourire angélique et enjôleur (et dents blanchissimes…) : une espèce de gravure de mode.

Un premier rendez-vous, quand on ne connaît pas du tout celui qui est en face, c’est pas facile… la conversation a glissé sur le boulot et… voilà : Nicolas est steward sur Easyjet. Forcément quand j’ai su ça (et qu’il a su que j’étais agent de voyages), j'ai falli le frapper on avait des trucs à échanger. Je vous résume ce que j’ai appris sur lui :

- Le sens du service, le vrai, ça existe. Quand j’ai demandé à Nico pourquoi il a décidé de devenir stew, sa réponse a été immédiate : il aime les gens, il a envie de les rendre à l’aise, heureux… il termine son CDD dans un mois, et comme il est bien noté, il est à peu près certain d’être confirmé en CDI.

- Chez Easyjet, le rythme de travail, c’est 6 jours travaillés puis 3 jours de repos. Sur ces 6 jours « travaillés », il n’est pas en vol tout le temps… il ne vole que 3 ou 4 jours l’hiver, et plutôt 5 jours l’été. Les autres jours, il est en stand-by. C’est à dire soit chez lui ou dans le coin (si on l’appelle, il doit rappliquer à CDG dans les deux heures qui suivent…) soit (et ça, il n’aime pas du tout…) à CDG, dans une petite pièce où on peut l’appeler pour un décollage immédiat.

- le truc un peu moisi, c’est que la référence utilisée pour calculer son salaire, c’est le nombre d’heures de vol effectuées. Nico a donc un salaire de base qui comprend les vols, les embarquements et les débarquements (et ses journées entières de stand by…) mais il a plein de « primes de vol »
 
- alors, combien ? J’ai été assez surprise… pas mal comme salaire : à peu près 2000 € nets l’hiver et 2700 € l’été. Ben oui, je viens de vous expliquer qu’il vole plus l’été que l’hiver… (Easyjet laisse des avions à terre en basse saison plutôt que de les faire voler avec un remplissage moindre)

- chez Easyjet, il n’y a pas de découché(normalement… parce qu’en ce moment, il y a des avions qui dorment à Toulouse, et il n’y a pas encore de PNC basé… alors les Parisiens s’y collent…). Ils font donc normalement 2 ou 4 legs (ils appellent ça des secteurs) les jours où ils volent. En gros, pour mon Nico, un A/R loin (genre au Maroc ou en Grèce) ou 2 A/R courts. Ses vols préférés : le Maroc parce qu’il n’y a presque que des touristes ou des Marocains heureux de rentrer au bled, que le vol est long donc il est mieux payé, qu’il a du temps pour le service et que les gens mangent davantage quand le vol est long . Les vols qu’il déteste : Barcelone parce que les vols sont toujours à 156 pax pour 156 sièges, qu’il ne parle pas espagnol (je me suis promise de lui apprendre…), que les clients essaient toujours de caser 2 sacs en cabine et qu’ils ne mangent rien…

- Nico trouve que son job est cool. Pour lui, son job se limite à accueillir, assister les pax au rangement de leurs bagages dans les racks, vendre à boire et à manger (et plus il vend, mieux il est payé... et tu m’étonnes qu’il vend… moi, je tombe sur un stew comme lui, j’achète tout… même les peluches Hello Kitty, ça ferait des cadeaux pour mes nièces…)

Et le truc le plus sympa chez Easyjet, c’est que staff ne se prend pas au sérieux… Le plus souvent, les chefs de cabine (qui font les annonces…) casent des remarques improbables à propos des membres de l’équipage, des consignes de sécurité ou des annonces de départ et d’arrivée : « en cas de dépressurisation de l’appareil, des masques à oxygène tomberont automatiquement à votre portée, ne criez pas trop fort, mettez 2 € pour l’actionner, et respirez en faisant le petit chien. Assurez-vous que votre masque est bien positionné avant d’aider les autres passagers. N’aidez vos enfants que s’ils ont été sages et obéissants. Si vous avez plusieurs enfants, commencez par celui qui a eu les meilleures notes à l’école. »

Vous imaginez une connasse d'hôtesse d’Air France prétentieuse à chignon sortir de sa réserve emplie de condescendance et avoir un poil de fantaisie en récitant le texte de son annonce ? Non. La seule chose différence entre une hôtesse Air France et l’une de ses congénères de la compagnie, c’est sa capacité à appuyer sur les liaisons ou pas : « l’ouverture des coffres z’à bagages peut provoquer la chute d’objets ; merci d’y prêter r’attention. »

Je ne suis qu’une petite agent de voyages blonde mais je ne suis pas (complètement) d’accord avec Monsieur Baroux. Le produit (Dieu que ce mot est vilain…) low cost n’est pas un produit de compagnie régulière dégradé. C’est un produit innovant. Les PNC d’Easyjet sont jeunes, dynamiques, sympa (et parfois des bombasses très jolis comme mon Nico…) et je les préfère en orange rigolo qu’en bleu marine strict et coincé. En plus, les PNC d’Easyjet sont de toutes les couleurs alors que ceux d’AF sont presque tous pareils (blancs, quoi…). Disons qu’ils représentent le monde !

Je préfère les bons sandwiches copieux (et payants) d’Easyjet aux canapés empoisonnés (insipides et minuscules) d’Air France, même s’ils sont gratuits.

Et pour nous, agents de voyages, vendre Air France ou Easyjet, c’est pareil : pas de commission, pas de soutien marketing… alors pourquoi privilégier une compagnie par rapport à une autre ?

En plus, Air France a un site internet très fluide aux fonctionnalités intuitives. Et si un pax achète sur le site, il ne paye que 3 € de frais de service… (soit 11 fois moins qui si il achète chez Big Boss Voyages). C’est dire si c’est tentant pour les passagers…


Pour un client « normal », acheter sur Easyjet est un peu plus compliqué : tout le monde ne sait pas exactement quelles sont les destinations desservies au départ de Paris, il y a cette histoire de bagage compris ou pas… Bref, l’agent de voyages que je suis a encore un peu de valeur ajoutée à vendre ce type de prestation…

Et quand je vais vendre un vol Easyjet au départ de CDG, il y a une chance que mon chéri soit dessus… j’indiquerai alors son prénom à mes clients qui auront l’assurance d’un service parfait. Nico leur fera leur plus beau sourire, mes pax ne pourront résister à la tentation de lui acheter des sandwiches, il aura des primes, et avec tout cet argent, il me fera des cadeaux. On appelle ça un cercle vertueux…  




jeudi 8 mars 2012

Je suis toutes les femmes

Depuis près de deux ans que j’écris de façon plus ou moins régulière pour TourMaG.com, vous avez appris à me connaître. Chaque semaine, je reçois des mails de mes sœurs, les jeunes agents de voyages, qui me racontent leurs joies et leurs soucis, qui me posent des questions et me proposent des analyses… J’ai aussi beaucoup de mails de garçons. Mais aujourd’hui, laissez-moi tranquille ! On a le droit de ne penser qu’à nous.

Je suis une fille libre. J’écris quand je veux, je parle de ce que je veux… j’utilise mon ton. Et si la rédac’ décide que mon post n’entre pas dans la ligne éditoriale de TourMaG.com, rien ne les oblige à publier les délires de Léa. (à la réflexion, ça ne m’est jamais arrivé…) Voilà. Depuis bientôt deux ans, je m‘amuse.

Sauf ce soir : à l’occasion de la journée des femmes, Jean m’a demandé d’écrire un billet sur « la façon dont je considère ma condition de femme ». Question intéressante. Vaste programme… Après être restée deux minutes la bouche ouverte face à mon écran « mon Dieu, que vais-je bien pouvoir leur raconter ? », mes doigts de fée commencent à s’agiter : oui, Léa a toujours une opinion. Toujours quelque chose à dire…

Ma condition de femme ? Comment hiérarchiser ce que je suis vraiment ? Suis-je avant tout une femme, une vendeuse, une cadre, une folle, une blogueuse, une amoureuse ? Qu’est-ce qui me caractérise ? La sensibilité, l’humour, la verve ?

J’ai essayé de trier et ça n’a pas été facile… pour la première fois depuis que j’écris des billets dans TourMag, je n’ai pas écrit d’un seul jet : j’ai fait une liste. Presque une espèce de plan. Comme quand j‘étais au lycée ou en hypokhâgne. Et oui… tu ne le savais peut-être pas, mais j’ai des lettres…

Je ne suis pas une femme, je suis une princesse.

S’il fallait définir une femme par rapport à quelqu’un, on dirait qu’elle n’est pas un homme. La belle affaire. Mais il est vrai que j’exsude la féminité par tous les pores de ma peau. Je suis fragile, fine, douce. J’ai les doigts légers, la taille fine, les jambes longues… et que mes cheveux soient retenus en en chignon ou lâchés en cascade sur mes épaules, je joue avec eux. J’ai toujours une fine mèche qui barre mon front. Mes cheveux me rendent belle. Tout simplement. Je ne suis pas une femme. Je suis une princesse. En toute simplicité…

Je ne suis pas une femme, je suis un macho.

Je ne me laisse pas faire. J’ai le verbe haut, le rire sincère et sonore, la démarche assurée, la descente de mojito facile et l’humour parfois graveleux. Il m’arrive de mettre la main aux fesses des garçons. Ça les surprend toujours mais en général, ils aiment bien. J’adore faire rougir les commerciaux endimanchés qui débutent. Le plus souvent, ils arrivent à l’agence avec un costume neuf, une coupe de cheveux bien nette et une peau parfaite. Alors, pour montrer mon pouvoir, de mes doigts de fée, je fais mine d’attraper leur cravate et je caresse délicatement leur torse du bout des ongles en susurrant « vous êtes bien élégant jeune homme, elle est en soie votre cravate ? » Seuls les excellents commerciaux s’en sortent sans être déstabilisés…

Je ne suis pas une femme, je suis une cougar.

A 31 ans, je me sens l’âme d’une initiatrice. Je ne pourrais jamais enseigner les techniques de vente ou Amadeus aux BTS Tourisme. Trop frais, trop mignons. Et trop dangereux pour moi… Là où les conquêtes des bronzés passaient sans le savoir sur une balance, les miens passent à l’état civil. Je me lance des défis. Ils seront toujours plus jeunes… et quand l’une de mes copines voit pour la première fois l’un des minets que j’ai attrapé dans mes filets et qu’elle me demande « mon dieu, quel âge a-t-il ? », je réponds désormais « moins 8 » (par exemple…) soit 8 ans de moins que moi. Odieuse ? Non, juste une femme de goût.

Je ne suis pas une femme, je suis un pitbull.

Donnez un os à un pitbull, il ne le lâchera pas tant qu’il restera de la viande à ronger. Donnez-moi un client. Je vais le travailler au corps, lui poser des questions sur ses goûts et ses envies, le mettre en face de ses contradictions pour l’amener à me dire ce qu’il veut vraiment. Il en ressortira essoré. Je serai épuisée. Au moment de la signature du contrat de vente, nous serons comme deux amants fourbus après une nuit d’amour. Mais je vends. Que dis-je ? Je facture du bonheur. Et je n’oublie ni le surclassement, ni les excursions et encore moins l’assurance. Chaque client est ma chose.

Je ne suis pas une femme, je suis une entraineuse.

Depuis que Big-Boss m’a nommée responsable des ventes puis chef d’agence, les filles et Max sont boostés comme des bêtes sauvages. J’ai parfois l’impression qu’ils font tout pour faire en sorte que l’agence fonctionne. Et ca marche. La crise ? non, on ne connaît pas. On a parfois des petits coups de mou mais on s’en sort à chaque fois plus mobilisés encore. Oui, comme disait un copain, je suis le pilier du comptoir…

Je suis toutes les femmes.

Je suis la gentille Tata Léa qui passe des après-midis entières à jouer aux poupées Barbie et à faire des cabanes. Je suis l’amoureuse qui se transforme en Shéhérazade pour charmer son prince, je suis l’énervée des machines de torture des salles de gym, je suis la grande sœur qui console, la copine qui fait rire, l’amie qui partage tes joies et tes peines. Je suis Léa et je ne te veux que du bien.

Je suis comme toi.

Mes copines sont toutes des filles formidables. Et vous, les agents de voyages, les anonymes du comptoir aussi. Vous illuminez le quotidien de vos patrons, vous rendez vos hommes heureux, vous êtes des mamans parfaites, vous vendez des vacances ou des déplacements pro. Vous savez concilier plusieurs vies : vendeuse le jour, maman le soir, maitresse la nuit. Et 24 heures sur 24, cuisinière, nounou, infirmière, femme de ménage, couturière, sportive, magicienne.

La journée des femmes, c’est 365 jours par an.

Sauf cette année, parce que c’est une année bissextile. Si ce 8 mars, ton patron t’offre une fleur ou si ton chéri te prépare un bon repas (et fait la vaisselle…), c’est qu’ils en sont capables. Alors réclame-le leur plus souvent. Et si tu veux vraiment arriver à ce que la femme soit un homme comme les autres, fais-comme moi. Mets la main aux fesses aux garçons, explique à un homme que si il veut réussir, il faudra qu’il couche, paye lui à boire (et sers le…), fais le rougir, offre lui des fleurs. Je suis une princesse macho, un pitbull entraineuse et je serai une femme accomplie le jour où je serai assez amoureuse pour demander en mariage celui que je choisirai. Parce que si une emmerdeuse comme moi attend que le prince charmant arrive sur son cheval ailé, elle finira vieille fille…





jeudi 1 mars 2012

C'est tranquillou à l'agence, hein ?



Pendant les vacances scolaires de la région parisienne (et de l’Aquitaine… je précise sinon les provinciaux vont encore dire que je suis autocentrée sur Paris), c’est toujours super calme à l’agence : je n’arrive pas à imaginer que la société française tourne au ralenti pendant les vacances scolaires, mais c’est comme ça…

Je vais vous dire un truc : heureusement que les vacances scolaires se terminent demain parce que là… on baille aux corneilles chez Big Boss Voyages !

Certes, que « c’est calme pendant les vacances scolaires », c’est pas nouveau ! Du coup, on anticipe un peu et on essaie de prendre des vacances. La semaine dernière, Big Boss a emmené ses horribles chiards au ski et Max a pris quelques jours pour se faire un week-end « boites de nuits » prolongé à Berlin. (il compte en nuits et pas en jours… jeudi soir, vendredi soir, samedi soir… il avait une de ces têtes en rentrant…).

Cette semaine, c’est Isa qui est partie « se reposer dans le pays basque ». Je n’arrive pas à comprendre comment Isa peut avoir besoin de se reposer (franchement, l’équation petit boulot pépère + activité intellectuelle limitée aux mots-fléchés et au « sudoku niveau moyen » + soirées télé-tisane + absence totale d’activité sexuelle… je me demande comment on peut être fatiguée après ça…)

Jeff est aux Indes, comme il dit. Pfff… encore une fois…

On déplore aussi l’absence de Coralie « parce que la nounou aussi, elle prend des vacances ». Ah… penser à l’occasion à vous parler des progrès ful-gu-rants de son petit Melvil… (elle m’a invitée à un goûter pour fêter son premier anniversaire… Seigneur…) Alors, Melvil est en avance pour son âge, mignon comme tout et à 11 mois et demi, il marche « presque ». (Doux Jésus, comme je suis impressionnée, je suis certaine que les écoles d’ingénieur se battent pour l’intégrer dés ses 15 ans… comment se passer d’un tel talent ?)

Et figurez-vous que chez les clients, on observe la même maladie saisonnière : les vacances !
A la billetterie sociétés, Max parle depuis 2 semaines à des inconnues. Les assistantes chargées des voyages de nos sociétés clientes sont remplacées par des intérimaires aux prénoms improbables (elles s’appellent vraiment Cindy et Jennifer ? et elles n’ont pas fait de procès à leurs parents ?)

Et nous, au tourisme, quand on essaie d’appeler les clients qui se sont inscrits en mars et en avril 2011 (il faut bien motiver les clients au départ…), ils nous expliquent gentiment qu’ils sont au ski et que oui… pour le mois de mai… faut voir… mais qu’on les rappelle plutôt la semaine prochaine : ils seront rentrés. Non, pas la semaine prochaine, ils auront trop de boulot avec les 1546 mails qu’ils auront à lire : plutôt celle d’après. (Au passage, on leur rappelle qu’on est « aussi » capables de leur réserver un chalet ou une location au ski, mais bon… c’est un peu tard…)

J’avoue que dans ma coloc’, c’est pareil : Emma et Elodie sont parties en vacances chez leurs sœurs respectives en région (j’adore parler comme ça…) Garder leurs neveux et nièces. Parce que les nounous, elles aussi… oui, c’est bon, on sait ! Donc, je baille au bureau et le soir, je me retrouve toute seule avec Laurine dans nos 130 m²…

Alors, c’est bien de concilier vie professionnelle et vie privée (et que la moitié de la France parte en vacances les 2 dernières semaines de février), mais moi, je suis un peu inquiète pour le moral des agents de voyages…

Sur FaceBook (j’ai tellement de temps en ce moment que j’y traine pas mal…), je les vois bien déprimés… qu’est-ce qui se passe ? On a l’impression que seuls les rebuts de la société se pressent dans nos boutiques… et que les vrais clients tardent à se pointer. En fait, je crois que c’est juste une impression parce que 1 – on voit peu d’agences mettre la clé sous la porte, 2 – chez Big Boss Voyages, on est à +12% en janvier et on va finir février dans les mêmes eaux (Isa nous calculera tout ça lundi…).

Pourtant, on a quand même l’impression de peigner la girafe… mais c’est vrai que plus ça va, plus on vend des trucs cher… (tout augmente, ma pauvre dame) donc si on vend au même nombre de clients que l’an dernier, mathématiquement… on fait davantage de chiffre !

N’empêche que si je fais un travelling arrière sur ces 10 derniers jours, qu’est ce qu’on a fait à l’agence ? On a rangé nos affaires (dingue comment on peut encore avoir des cartes de visites de commerciaux que personne ne se souvient avoir vus), on a trié des photos (ça, c’est tout moi : je pars en voyage d’étude et je prends 1295 photos dont 1241 qui ne servent à rien mais « on ne sait jamais ») parce que l’informaticien nous a dit que le réseau saturait (ben moi aussi choupinet, je sature), on a trié les brochures de l’hiver (au fait, camarades TO, quand on dit à monsieur Logimail qu’on ne veut pas de vos brochures, pourquoi vous vous entêtez à nous en envoyer deux tonnes ?). Bref, des taches passionnantes ! Et je dois avouer que bon… facebook, les mails perso, une petite partie de Géochallenge (oui mais ça, c’est du boulot : je révise mes capitales…) c’est pas moi qui vais avoir besoin de me reposer les prochaines semaines !

N’empêche qu’il n’y a pas beaucoup de clients… au moins, ils sont prévisibles : « une semaine dans un bel hôtel à Maurice ou en Thaïlande pour 1000 / 1200 € » (oui, comme tout le monde…) ou « une villa à Bali pour 8 personnes début août pour 10 000 € avec les vols » (doux Jésus, que c’est original et complètement réaliste comme budget…) ou encore « un week-end au soleil dans un joli hôtel dans une capitale européenne qu’on ne connaît pas pour 500 ou 600 € pour deux, qu’est-ce que vous avez comme idées ? »

Dans ce cas, deux solutions :

1 – la solution de facilité. On va dans le réseau (Kevin, notre informaticien a tout bien rangé…) et on cherche dans l’arborescence : « devis / pays en question / devis type / enregistrer sous », 3 calculs et on envoie

2 – la solution qui va nous occuper une heure avec le client mais qui est un poil compliquée à assumer : (mais 1 – ça occupe, 2 – ça nous donne l’impression de ne pas être des machines, 3 – ça retient le client en agence et c’est bon pour l’image qu’on ait des gens qui soient là…). Le challenge, c’est de transformer la demande « une semaine dans un bel hôtel à Maurice ou en Thaïlande pour 1000 / 1200 € » en une formule 14 jours/12 nuits qui comprendra en plus « une escapade de 4 jours à Angkor, une civilisation oubliée bla bla bla… », mais il faut faire attention de ne pas faire trop peur au client…

Bref, on essaie de se rendre utile, de « coller à la demande » mais aussi d’être « force de proposition ».

N’empêche que c’est dur… et quand je « discute » sur FB, je vois bien des agents de voyages consciencieux qui aimeraient bien atteindre leurs 50 000 € ou 100 000 € d’objectif mensuel de facturation (d’ailleurs, c’est dingue ces disparités de chiffre d’affaires à atteindre…) mais qui se désolent de ne rien avoir à proposer qui collerait aux demandes des rares clients qui les contactent…

Parce que pas de clients = pas de chiffres = pas d’augmentation ni de prime.

Je ne voudrais pas avoir l’air de me répéter inlassablement mais… on n’a pas des métiers faciles… et en plus, on n’est pas payés bien cher…. Les agents de voyages se targuent d’être de bons vendeurs ? on leur propose des contrats payés au SMIC (1.398,37, allez… je vous le fais à 1400 €…) assortis de commissions sur leur chiffre. Sauf que quand il n’y a personne qui appelle ou qui entre dans l’agence, on fait comment pour faire du chiffre ? Ben on pleure… Et à la fin du mois, on n’attend pas son chiffre et on touche 1100 €

Bon… les partenaires sociaux sont en train de nous négocier une revalorisation de la grille salariale. On s’attend à avoir une royale augmentation de 2,4% du salaire minimum. Sur une base de 1400 €, ça nous fait (sortez la CB les filles, on va pouvoir faire des folies…) 33,6 € bruts. Je t’enlève 20% de cotisations, ça fait 26,88 €, soit 4,63 mojitos à 5,80 €.

Et ben franchement… pour une augmentation d’un mojito par semaine, est-ce que ça vaut le coup de faire du phoning plutôt que de jouer au sudoku sur le web ? Allez, j’arrête de faire du mauvais esprit, et dés lundi, je me remotive ! Sur qu’il y aura du monde à l’agence !


dimanche 26 février 2012

Bref, je suis vieille




Pendant les vacances scolaires de la région parisienne, c’est bien souvent très très cool à l’agence. Soyons honnête : c'est même super chiant ! chaque fois, c'est comme si je tombais des nues quand je me rends compte à quel point la société française tourne au ralenti pendant les vacances scolaires. On n'y peut rien : c’est comme ça…

Max a passé la semaine à parler à des inconnues. Les chargées des voyages de nos sociétés en compte sont remplacées par des intérimaires aux prénoms improbables (on observe une recrudescence de Cindy et de Jennifer qui me fait vraiment peur)

Les commerciaux des TO : pas là. Vacances.

Bon… comme toutes les boites ont compressé le personnel, c’est pas le commercial ou l’assistante d’à côté qui va reprendre les dossiers en cours. On nous invite à faire un mail. Alors on attend. Quand je pense qu’une deuxième semaine de vacances scolaires commence demain, ça me mine.

A la coloc' des princesses, c’est pareil : Emma et Elodie sont parties en vacances chez leurs sœurs respectives à la cambrousse en région. Garder leurs neveux et nièces. Qui sont en vacances... Du coup, en ce dimanche, avec Laurine, on s’est senti bien seules.

L’hiver, je hais les dimanches.

En semaine, avec un jour off, on peut faire des trucs. Le dimanche, pas grand chose. Il faisait beau alors on est parties cheveux au vent à velib faire une balade dans Paris. Bon… on avait mis un bonnet sur nos cheveux quand même. Il n’y a pas grand chose à faire à Paris le dimanche mais j’avais une course essentielle à faire : racheter un cable Apple. Le mien a cassé la semaine dernière et je squattais celui d’Elo pour charger mon i-phone chaque nuit. Sauf qu’Elodie est partie chez sa sœur (vous suivez ?) et que Laurine n’est pas Apple. Elle a un blackberry. Donc, urgence !
Nous voici donc arrivées à l’Apple store du Carrousel du Louvre.

Je vous raconte : un Apple store, c’est une boutique dédiée à la marque à la pomme. Y’a plein de geeks en t-shirt bleu. Ils ont des prénoms rigolos. Genre américains. Je n’arrive pas à croire que leurs parents ont décidé il y a 25 ans de les appeler Jeffrey ou Malcom. Il y a davantage de mecs en t-shirts bleus que de clients mais les mecs en t-shirts bleus (aux coupes de cheveux improbables…) sont tous occupés. Ils ont toutes des casques-oreillettes, des tablettes numériques et des baskets chelous. Mais ils sont gentils.

J’ai demandé à un adolescent de 17 ans (à tout casser) à la mèche Justin Bieberienne et aux biscoteaux bien ronds « un truc pour relier mon i-phone à une prise murale ». Il s'est grave foutu de ma gueule m’a gratifiée d’un sourire éclatant et m’a fait confirmer que je voulais bien « un adaptateur USB pour i-phone ». Ben ouai. Il avait l’air de me prendre pour une vieille complètement périmée mais il était tellement joli que je n’ai pas osé le rabrouer pour son insolence.

J’ai demandé où payer. Il m’a répondu « en bas ». Sauf qu’en bas, y’a pas de caisse. Si vous n’êtes jamais allé à l’Apple-store du Carrousel du Louvre, vous ne me croirez peut-être pas, mais il n’y a pas de caisse. Alors j’ai demandé à une fille en t-shirt bleu qui m’a répondu « tous les $èç*è-‘ »o_è= [c’est comme ça qu’on les appelle les gamins en t-shirt bleu, mais j’ai oublié comment on dit en langage applien] peuvent vous encaisser. Espèces ou CB ? » et elle a tendu sa main.

Alors là, j’ai donné ma CB, elle a sorti un petit boitier de nulle part, m’a dit « merci Léa *» (elle avait jeté un rapide coup d’œil à ma CB avant pour savoir comment je m'appelais, hein... à moins qu'il y ait une appli' pour ça...), a scanné mon « apple USB power adaptor ZML » a saisi mon nom sur la boite magique, m’a fait taper mon code (elle a détourné son regard de façon un peu ostentatoire...) et m’a demandé mon mail. Là, elle m’a souri de toutes ses dents (aussi blanches que celles du minet d’en haut) et m’a dit « Léa, j’espère que votre expérience client à l’Apple store a été satisfaisante. Votre facture est à l’instant sur votre boite mail. Bon après-midi Léa et merci pour votre visite. A bientôt » et elle est partie.

Rapide, efficace, conviviale, sympa. Et en plus, elle m’a appelée par mon nom.
L’affaire nous avait donné soif. En face de l’Apple store, il y a un Starbucks Café. Laurine a pris un double expresso. Moi, je suis obligée d'en boire 12 par jour à l’agence alors je suis en detox le week-end. J’ai pris une salade de fruits. Ça donne des vitamines C et donc une jolie peau.

J’ai l’habitude du Starbucks (je vais souvent feuilleter un journal en avalant un gâteau en sortant de la gym avant d’aller à l’agence) mais je vais dans un autre (celui à côté de chez Big-Boss Voyages). De toute façon, à New-York, Bangkok ou Paris, tous les Starbucks sont pareils.
A celui du Carrousel du Louvre, aujourd’hui, la première personne à qui ont parlait nous a accueillies avec un sourire éclatant (elle utilise sans doute le même dentifrice blanchissant que les petits jeunes de l’Apple store) et une voix cristalline et chaleureuse. Qu’est-ce qu’on boit ? Comment on s’appelle ? Laurine a dit qu’elle s’appelait Henriette.

Le fait que Laurine s'appelle comme une grand-mère n’a pas choqué la grosse sympa. « un double expresso pour Henriette, merci ». Là, on est passées à l’une des trois caisses ouvertes. Pendant qu’on payait à Kevin V. (je vous jure... regardez le ticket... la génération 88-92 à des noms pas possibles), une des baristas de l'armada préparait le café de Laurine. Et quand on est arrivées au bout du comptoir, le café était prêt « la commande d'Henriette l'attend, merci... ».

Alors pour répondre à la gamine hirsute de l’Apple Store, j’ai bien aimé ces deux expériences clients. Des jeunes sympa, rapides, souriants, l’air heureux de bosser. Qui ont répondu à nos attentes en un quart de seconde.

Après, on est allées au ciné voir un pauvre film tout moisi dont je tairai le nom par charité. On vous conseille par avance le prochain film très girly de Charlotte de Turkheim avec Victoria Abril (mon idole). La bande annonce nous a fait hurler de rire alors je vous la mets sur mon blog ici… ça s’appelle « Mince alors » et ça parle régime. Je vous livre la phrase clé de la bande annonce : « sur les paquets de clopes, y’a marqué "fumer provoque le cancer", alors pourquoi sur les pots de Nutella, y’a pas écrit "bouffer nuit gravement à ton cul ?" »

Après le ciné, retour à la coloc' des princesses. On s'est fait un plateau télé en matant les Bronzés font du Ski. J'ai repensé au petit jeune en t-shirt bleu de l'Apple Store. Il était vachement joli, quand même... Comme dit Jean-Paul Duss (avec un D comme Duss) : « sur un malentendu, ça peut marcher : je sens que je vais conclure »



Voilà… un dimanche moisi : du vélo, du shopping dans des multinationales américaines et quelques fous rires… vivement la rentrée !




* en fait, elle m’a appelée par mon vrai prénom parce que, en vrai, sur ma CB, je ne m’appelle pas Léa, mais c’est plus simple si je raconte comme ça.