mercredi 26 janvier 2011

Léa en entretien "confirmation de promotion"

Quand Big Big m’a nommée chef de comptoir responsable des ventes, il a assorti cette promotion de six mois d’essai. Voilà. C’est comme si j’étais en CDD dans une boite que je connaissais déjà. En gros, Big-Boss m’avait donné trois objectifs :

- avoir un vrai leadership sur l’équipe

- rationaliser le workflow

- améliorer les techniques de vente des filles

Moi, je m’en suis ajouté quelques uns (secondaires…)

- continuer à vendre presque autant qu’avant

- amadouer Isa’ pour qu’elle me foute la paix

- protéger / défendre / faire augmenter les filles pour qu’elles m’adorent (et qu’elles restent à l’agence parce que je n’ai pas du tout envie de former des nouveaux qui ne savent pas faire une cotation tous les trois mois… il faudra que je vous reparle de la formation du schtroumpf à lunettes...)

- rendre Big-Boss complètement dépendant de moi, à la renverse sur mes résultats (objectif à plus long terme quand même, genre : fin 2012)

- finir par me trouver un mec (mais là, je crois que je suis hors sujet)

Pas folle, j’avais demandé à Big-Boss qu’on fasse un point tous les deux au bout de trois mois, histoire qu’il ne me balance pas au bout des fameux six mois « d’essai » que je n’étais pas à la hauteur de ses espérances… Trois mois, c’était mi-décembre. Je l’ai laissé venir… et puis rien… alors qu’entre Noël et le premier de l’an, on en était limite à tricoter à l‘agence. Mais bon… Big-Boss est parti à Cuba le 28 décembre, je n’allais pas lui ajouter un souci alors qu’il s’apprêtait à avoir Bobonne en tête à tête pendant 10 jours.

Bon, je ne suis pas si blonde comme ça, je ne lui ai pas sauté dessus sitôt rentré. J’ai attendu qu’il se pose, j’ai été délicieuse trois jours (c’est vrai qu’il était détendu, bronzé, reposé et qu’il avait minci… et moi, je me la jouais légère, papillonnante, espiègle… vous voyagez Maya l’abeille ? Ben la même…). Et puis au bout d’une semaine, j’ai passé ma petite tête de fouine dans son bureau et je lui ai dit toute mielleuse : « on avait dit qu’on ferait un point sur ce que j’ai mis en place à l’agence au bout de 3 mois… pfff, je n’ai pas vu le temps passer… ça fait presque 4 !! Alors, tu me dis quand tu veux qu’on en parle, j’ai commencé à prendre des notes… » Et comme d’habitude depuis que je suis reine de la ruche, Big-Boss m’a proposé « qu’on déjeune ensemble demain ». Alors, allons-y pour le déjeuner.

Big-Boss à commencé le déjeuner par « je t’écoute ». OK mon garçon… t’as pas préparé le rendez-vous ? Et ben c’est moi qui vais mener la danse, je suis organisée : je reprends mes objectifs :

Avoir le leadership sur l’équipe : là, j’ai assuré…

- avec les filles, aucun problème. (j’ai balancé, un brin perfide, que de toute façon, j’étais leur help-desk interne depuis le début…)

- avec Max, ça s’est fait en deux minutes façon bon bourre-pif : un beau matin, je lui ai expliqué la vie à celui-là, qu’on était en train de se débarrasser des sociétés qui polluent et que s’il ne voulait pas se retrouver au chômage(où pire, chez Carslon à Belfort), il avait intérêt à se mettre à vendre du tourisme... Du coup, il s'est investi à fond sur le Maroc et les city-breaks Europe !

- avec Jeff, c’est moins du gâteau. Genre « il a compris, il sait, il connait »… sauf qu’il est peut-être très fort pour dessiner à main-levée des cartes de l’Ethiopie mais quand il saura vendre un autotour de 3 semaines en 30 minutes, il me rappellera… là, il réfléchit, il transpire, il calcule… et il nous écoute. Ça rentre… doucement (il a la tête dure), mais ça rentre…

- j’aurais pu ajouter qu’Isa’ m’observe comme une proie jauge un prédateur, tremblante… et je fais comme si je ne voyais rien… mais je en suis pas sensée avoir le leadership sur elle…

Rationaliser le workflow.

Si les clients étaient prévisibles, ça se saurait… On peut tout de même observer 4 vagues par jour : c’est vraiment calme le matin, très intense de 12h30 à 14h30, soutenu jusqu’à 17h (genre : on n’a pas le temps de se poser 2 secondes) et le coup de folie de 17h à la fermeture (genre : un magasin à l’ouverture des soldes).

J’ai regardé, compté, demandé aux filles (oui messieurs-dames, je « consulte mon équipe ») comment ça les arrangerait. Et j'ai apporté la solution sur un plateau à Big Boss : Depuis le 1er janvier, on a fait 2 paquets équipes : Isa, Sonia et Max bossent du lundi au vendredi de 9h à 17h30 (et ils s’arrêtent vraiment une heure pour déjeuner). Coralie, Amandine, Jeff et moi du mardi au samedi de 10h à 19h (et on avale un truc en 15 minutes dans le cagibi avant 12h30). Ceux qui veulent se libérer une journée viennent bosser deux lundis après-midi pour compenser. On va voir ce que ça donne… A part Sonia et Max (qui ne veulent pas travailler plus pour gagner plus), on est désormais payées 41h par semaine (dont 6 heures supp), ce qui évite de devoir prendre des récup’ tout le temps… (et de n’être que 2 à l’agence pour assurer avec le passage, le téléphone, les mails et le reste…)

Améliorer les techniques de vente.

On est toutes les 4 différentes. Sonia est méthodique et précise, elle déroule son argu’ sur du velours… Coralie jacasse mais elle persuade le client au moment où elle sent la faille… Amandine est douce, séductrice, elle y arrive grâce à son sourire… moi, je fonce dans le tas et je présente la cotation (et le stylo pour signer) comme si c’était une évidence….

On a fait comme au théâtre : Chacune a essayé d’imiter une autre : moi qui suis fonceuse, je la joue à la méthodique comme Sonia (du coup, j’ai l’air moins agressive et surtout j’explique ! et les clients aiment bien…), Sonia s’efforce d’être moins pointilleuse et de la jouer plus à l’esbroufe (et elle vend plus vite…), Amandine essaie d’avoir plus de complicité avec les clients mais de les faire parler davantage et Coralie a même réussi à arrêter de couper la parole aux gens…

Je ne sais pas si on a fait des miracles mais j’ai l’impression qu’on se ressemble plus les unes par rapport aux autres et qu’on a plus une vraie méthode d’entreprise. (Big-Boss mourait d’envie de dire « process » mais je ne lui en ai pas laissé le temps…)

La comm’

Big-Boss ne m’avait rien demandé à ce propos mais quand-même… En 3 mois, j’ai lancé

- les vitrines thématiques

- la destination du mois avec soirée portes-ouvertes pour les bons clients en partenariat avec un OT et/ou un TO spécialiste de la destination

- les bouquins de photos de nous en éductours…

Et je le lui ai rappelé…

Voilà. En même pas 4 mois, j’ai fait tout ça… Big-Boss n’avait pas vu la moitié de ces changements. Il m’a expliqué que je l’impressionnais, que vraiment… ouh là là… j’assurais… que les filles avaient l’air contentes… que je menais bien ma barque… Qu’il était ravi de m’avoir proposé ce poste de responsable des ventes (là, j’ai failli le frapper et lui rappeler que ce qu’il m’avait proposé, c’était de gérer son site web à la consur le Maroc qui n’est toujours pas lancé…) et que j’avais l’air épanouie et très heureuse dans mon nouveau job.

Bon ben voilà… ça, c’est fait. Je pense que je ne suis plus en période d’essai… J’attendais qu’il me parle salaire… ou qu’il me pose des questions… je mourais d’envie d’ajouter plein de trucs mais je lui avais demandé « qu’on fasse un point ». Alors point… On a fait ce point. Le bilan est positif. On prend chaque truc en son temps. Pour mon augmentation, je vais attendre la fin des 6 mois dont on avait parlé. En avril, je remonte au créneau !

Et puis le 27 janvier, je file 10 jours en Thaïlande… et au moment où j’écris ces lignes, c’est un peu le seul truc qui me préoccupe.

lundi 24 janvier 2011

Léa travaille avec le schtroumpf à lunettes

Je vous présente Jeff.


Jeff est arrive à l'agence le 15 novembre. Il y a deux mois donc… Sa période d’essai est terminée et on vient de le confirmer dans son poste. Il y a encore deux semaines, il m'exaspérait et je voulais vraiment qu'on le foute à la porte je ne pensais pas qu'il resterait, alors j'avais omis de vous parler de lui…


Avec Sonia, Amandine et Coralie, on forme un groupe très homogène. Oui, on peut dire qu'on est toutes un peu des clones…

Jeff, c'est le contraire : aussi brun que je suis blonde, aussi austère que je suis avenante, aussi sérieux que je suis dilettante.


Jeff du dehors :

Première impression : pas très grand (mais loin d'être court sur pattes, n'exagérerons rien…), belles épaules, avant-bras puissants, gueule carrée, grand nez (selon Max, c'est prometteur…), l'œil bleu, la coup de cheveux dite ''à la Hervé Villard"


Le look de Jeff :

En deux mots : No look. Jeff est adepte du velours mille-raies couleur "passe partout": kaki ou beige (gris, a la rigueur…), il a des souliers en cuir souple (comme dirait ma grand-mère), des chemises en coton, des pulls en cachemire de belle facture (Mamie arrête !) et des blousons d'aviateur.


Une espèce de passe-muraille… même sur une photo couleurs, il doit avoir l'air sépia…


Avec Max, on s'était dit que si Jeff portait les mêmes fringues avec deux tailles de moins, qu'on l'obligeait à se couper les cheveux en pétard et qu'on lui imposait un nettoyage de peau, il serait canon. En fait, comme dirait Jean-Marie (que j'appelle ''mon coiffeur'' et qui se définit comme mon ''visagiste-conseil''), la base n'est pas mal… mais bien trop naturelle. Elle a besoin de soin…


La carte d’identité de Jeff :

Jeff ne s'appelle pas Jeff.


Il s'appelle Jean-François. Il détache chaque syllabe de son prénom et refuse qu'on l'appelle Jeff. Ce qu'on fait tout le temps entre nous quand on parle de lui (mais jamais devant les clients). Le jour où on appellera Max par son vrai prénom (Maxence… p'tain la honte), je crois qu'il nous étripera… Jean-François fait mine de ne pas se rendre compte qu'on l'appelle Jeff…


Jeff a 37 ans. En gros, 10 ans de moins que Big-Boss et Isa et 10 ans de plus que nous. Donc, il ne rentre pas dans nos cases de jeune ou de vieux. Il est entre-deux (comme le Cantal).


C'est quand on a vu son CV qu'on a eu peur :

Maîtrise de science des religions, DEA d'études bibliques, doctorat d'anthropologie religieuse. Il a longtemps étudié l'araméen et le sanskrit (c'est selon lui ''essentiel pour entreprendre des études de linguistique comparée", tu m'étonnes…)


Vous imaginez bien qu'avec un CV comme ça, on n'a pas non plus épilogué des heures sur la sexualité de Jeff : on est d'accord pour se dire que ça doit être très calme… Dans 3 ans, on fête ses 40 ans au pepito-banga (allez, soyons fous, débouchons une bouteille de Champomy) et on lui offre un DVD de "40 ans ; toujours puceau". Je m'en réjouis par avance !


Les premiers jobs de Jeff :

Pendant ses études (qui devaient être méga-chiantes…), Jeff a beaucoup voyagé.


Là où un mec normalement constitué serait parti faire la fête, baiser des filles et fumer de la drogue rouler sa bosse aux USA, en Thaïlande ou en Australie, (et Max à Ibiza), Jeff a préféré emprunter les routes des caravanes de la soie (P'tain… il parle quelle langue ?) et a profité des longues vacances universitaires pour faire des fouilles sur sites et des recherches documentaires en bibliothèque…


(moi, pendant mes stages de BTS, j'étais au comptoir dans une agence à Saumur et réceptionniste dans un Framissima à Agadir… je vous fais un dessin… ou vous avez compris le genre de différences qui existent entre ce garçon et moi ?)

Ses études terminées, Jeff a ''rejoint une ONG pour aider les indigents aux Indes'' (tu peux pas dire ''pauvres'' ou a la rigueur ''démunis'' ? et on ne t’a pas dit que les Indes étaient passées au singulier ? )


Après, pendant 9 ans, il a été guide-conférencier pour un TO aujourd'hui disparu : si on résume, on peut dire qu’il a "accompagné des groupes pour des voyages culturels partout dans le monde, mais essentiellement en Asie et au Moyen-Orient''


Il donne l'impression de bien aimer son ex-boite. Il dit : ''je regrette vivement la disparition de cette très belle maison, qui avait une offre très qualitative, mais qui n'a pas su se renouveler''.


Jeff adhère a une dizaine d'associations : des clubs de lecture, des organisations culturelles, un groupe d'études de textes en sanskrit et un centre d'enseignement du védisme (si vous êtes aussi blondes que moi, le védisme, sachez que c'est un genre de bouddhisme indien ; on apprend des trucs avec le schtroumpf à lunettes tout de même !)


Jeff a tout l'air d'une oie blanche mais quand sa boite a fait faillite, il a copié le fichier-clients. Pur mais pas né de la dernière pluie ! il c'est aussi pour développer ce créneau qu'on l'a embauché…


Les voyages de Jeff :

Depuis deux mois, j'ai pour mission de transformer ce puits de science en vendeur efficace. On peut dire qu’on part de très très loin : et que je te raconte ma life de quand j’étais accompagnateur, et que je t’explique pendant trois plombes l’histoire du pourquoi du comment les Egyptiens sont arrivés là… et que je te blablatte sur les méthodes de construction de je ne sais quelle coupole de mes deux byzantine...


Après être passé par mon redoutable coaching, il progresse mais c'est pas encore gagné…


En revanche, reconnaissons à ce type un langage de conservateur de musée poussiéreux fin lettré, c’est tout de même un régal à écouter. Moi, il me fascine ! je suis sensée le coacher et je me surprends à tenter de m’exprimer avec autant de clarté et de préciosité que lui.


En plus, depuis son arrivée, je me sens carrément idiote :


J'avais l'impression de savoir vendre des itinéraires en Inde ? Jeff s'offusque que l'on puisse '' visiter le Rajasthan sans aller assister aux fêtes de Pushkar" (c'est en octobre/novembre et ça se réserve d'une année sur l'autre parait-il…). Moi, en près de 10 ans de métier, ça m’a jamais fait mal !


Les voyages qui ont le plus marqué Jeff sont ceux des villes sacrées et des pays aux origines des religions : Petra, Samarcande, l'Ethiopie, l'Iran… (ah ouais, quand même… forcément le soleil de la Rep'Dom' et la fiesta de Barcelone, c'est pas trop sa came…).


Rappel : mes vacances idéales : déclamer du Florence Foresti et lire Gala au bord d'une piscine. (je suis normale, non ?)


Ce garçon n’est pas fait comme nous :

Son air de grand enfant qui découvre la vie est un bonheur chaque jour renouvelé :


L'autre jour, la commerciale de Qatar est passée et nous a annoncé l'ouverture des nouvelles lignes (genre Phuket et Saigon) et lui s'est exclamé que "Alep, super" On aurait dit qu'il avait trouvé un bout de poterie après 4 heures de fouille ! (Alep ? y'a autre chose que du savon à Alep ? je ne pensais pas que ça pourrait intéresser quelqu'un ce truc là.... vite ! prendre une carte pour voir où ça peut bien se trouver ce bled…)


Mais depuis deux mois que je fréquente Jeff, je sais que Samarcande est en Ouzbékistan et que les caravanes de la soie y passaient (du coup, j'ai un cheveu brun, et ça, ça me change plus la vie que l'ouverture du Doha/Alep de Qatar.)


mercredi 29 décembre 2010

Léa crée des vocations !


Maintenant un jeu vidéo qui me représente ?

lundi 27 décembre 2010

On devra vraiment se résoudre à ne vendre que TUI & Thomas Cook un jour ?

Ça commence à devenir une espèce de routine : chaque semaine, un tour-operator fait faillite. Ce matin, quand je suis arrivée à l’agence, c’était Best Tours. Bon… Best Tours Belgique. Mais si j’ai bien compris Best Tours France est une filiale à 100% de Best Tours Belgique, alors il va bien devoir se passer quelque chose de l’autres côté des Ardennes. (alors oui : je sais aller sur www.societe.com pour voir que le gérant de Best Tours France est le même mec que celui de Best Tours Belgique…)


Best Tours France, c’est tout de même une progression insolente de chiffre d’affaire, des blocs-sièges sur Phuket, un référencement chez tous les gros revendeurs… La filiale française de Best Tours Belgique a dynamisé le marché sur la Thaïlande depuis deux ans, et moi qui suis super-fan de la destination, ça m’a fait plaisir. (qu’un TO à volume s’y mette sérieusement…)


A l’agence, on a eu peu travaillé avec Best Tours qui avait souvent des super-tarifs. Au début…Mais on a eu des tarifs promo’ avec Cathay Pacific sur Phuket et du coup, en assemblant le vol Cathay avec les prestations de notre réceptif thaï, on sort de bons produits à des tarifs comparables… en margeant mieux. Ben oui, c’est comme ça qu’on travaille chez nous et si ça plait pas à tout le monde, c’est pareil !


Bon, d’ailleurs, il faut que je vous dise… c’est en Thaïlande que je vais passer mes prochaines vacances (fin janvier) et mécaniquement, notre chiffre sur la destination va augmenter, c’est certain ! (note pour ceux qui me lisent : quand je suis invitée quelque part, je deviens une bête sur la destination et le retour sur investissement est garanti…)


Je ne peux pas m’empêcher de repenser à tous ces TO qui ont fait faillite cette année. Une épidémie ! Nosilys ? ça ne m’a pas beaucoup touchée, je n’y connaissais personne… Inexco ? Pas davantage. Royal Tours ? oui, parce que je m’entendais bien avec les filles de la résa quand on ne bossait pas encore avec les réceptifs en direct. Voyages aux îles ? Jamais entendu parler jusqu’au dépôt.


La faillite qui m’aura le plus marquée cette année, c’est Marsans. Il y a deux mois, je suis allée passer un week-end à Barcelone et en Espagne, ça a l’air d’être un deuil national là bas... Si j’ai bien compris, il y avait des boutiques Marsans à tous les coins de rue. L’année de leurs cent ans en plus… même Jeanne Calment n’est pas immortelle.


Ce matin, à la machine à café, on a reparlé des faillites des boites du secteur avec Big-Boss, Isa’ et les filles. On parlait des marques qui avaient disparu. C’est moi qui ai commencé la discussion avec Marsans : depuis que je fais ce job, je considérais Marsans comme incontournable. Il a bien fallu faire sans eux, mais c’est pas aussi facile.


Pour Sonia, c’était Switch. C’est vrai qu’il y a eu une agence « partir pas cher » juste à côté de l’agence et ça nous a fait du mal… Les gens partaient de chez eux avec une option, venaient chez nous, nous tortur

aient, et… repartaient chez Switch. On a eu mal cette année là.


Big-Boss et Isa’ qui sont des dinosaures ont commencé à parler de trucs qui ne nous disaient rien. Big-Boss parlait d’un truc avec plein de syllabes et on ne comprenait pas. Il a articulé dis-tin-cte-ment « Airtour-Touropa-Cruisair » : il y a 20 ans, c’était un groupe de 3 TO qui avaient fusionné entre eux. Après, ça c’est appelé le groupe Chorus et la chose s’est fait absorber par Jet-Tours. N’empêche que… « Airtour-Touropa-Cruisair bonjour, Léa à votre service », ça doit être long à sortir !


Isa’ parlait des agences Worms Voyages (Dieu que cette femme doit être vieille !), de Via Voyages et d’autres trucs improbables. Après, elle a récité une longue liste de compagnies aériennes : AOM, Air Inter, UTA, Air liberté, Panam’, TWA, Air Afrique, SABENA… là dedans, il y avait pas mal de noms de compagnies qui me disaient quelque chose… mais j’avais soudain l’impression d’être très vieille…


En tous cas, ce qu’on voit, c’est que la nature a horreur du vide, et que des compagnies, des TO et des agences… il s’en crée en gros autant qu’il n’en disparaît… Et j’espère que ça va continuer ! parce que nous, les agences de quartier, on a « besoin » de Best Tours et compagnie ! Pour vendre autre chose que du Air France, du Thomas Cook et du TUI.


J’embrasse très fort Philippe Bertholet et Thierry Maillet. Je souhaite de tout cœur que Best Tours France soit reprise par un TO de qualité… pour qu’un TO de taille « moyenne » permettre aux agences de quartier de se différencier des produits des groupes Thomas Cook et TUI. Parce que (j’en reviens à Marsans…) sur la Rep’ Dom’, c’est un peu la pénurie depuis qu’on n’a plus Marsans…



lundi 20 décembre 2010

Léa est traumatisée par sa stagiaire de 14 ans

Je viens de vivre une semaine traumatisante. Je ne sais pas quel est le ministre de l‘éducation tordu et maléfique qui a inventé le concept de « on va montrer aux jeunes ce que c’est qu’une entreprise » mais je suis flanquée depuis lundi d’une pimbêche de quatorze ans… explications :


En troisième, les gamins doivent faire un stage d’observation en entreprise. Fin du premier trimestre. Il neige. Il fait froid. Et à part (à peine…) les dix jours de vacances à la Toussaint, les pauvres choupinets sont au collège depuis plus de trois mois. Ils sont épuisés et avachis… et on nous les envoie admirer la force vive de la nation en pleine action…


Que voulez-vous qu’ils fassent à quatorze ans en entreprise les pauvres chéris ? Ben… ils sont des boulets.

Laissez-moi vous décrire la Cholé qui nous colle depuis le début de la semaine et qui regarde des cartes depuis lundi avec la bouche entre-ouverte (oui, l’ado’ de 2010 gobe les mouches) :


Mèche. Jean slim. Force bijoux de pacotille. Air fatigué. Portable à portée de main (elle envoie et reçoit des SMS toute la journée). Bâillements aux corneilles. Quand par hasard elle s’intéresse à quelque chose, elle dit « c’est frais »… Sinon, elle tape des codes aéroports au pif sur Amadeus et cherche ensuite à les placer sur une carte. Cette fille est une maniaque des cartes…


Chloé est la fille d’un pote de big-boss. Gros client (entreprise et privé). Et Cholé aimerait devenir agent de voyages. Alors son patron de père a demandé ce « service » à Big-Boss. Qui ne peut rien refuser à ce client…


Elle m’avait déjà énervée en septembre quand elle était passée à l’agence avec sa mère pour acheter un forfait Thaïlande « en famille pendant les vacances de février ».


J’ai appris petite (je déteste les chiens…) qu’il ne fallait pas montrer aux animaux que vous ne les aimez pas, sinon ils vous mordent. J’ai adopté la même tactique avec Chloé. Je l’ai brossée dans le sens du poil. J’ai essayé de la faire parler un peu… de ce qu’elle voulait faire quand elle serait grande… tout ça…


Bizarremment, Cholé veut voyager. J’aurais dû parier… Mais elle a des idées très arrêtées : elle ne veut pas voyager dans les pays pauvres. Elle trouve que New-York dégage une très belle énergie. Elle a adoré les parcs animaliers au Kenya mais se souvient avoir « traversé des villages avec des gens très maigres et très pauvres

» ; elle était mal à l’aise. Elle a préféré le bel hôtel à Mombasa. Elle a peur que l’hôtel que je lui ai réservé pour février soit « un peu bas de gamme ». Chloé avait choisi autre chose (de mieux) mais n’a pas réussi à convaincre sa mère. Ça dépassait son budget…


La relève est assurée…


Enfant, Cholé voulait être hôtesse de l’air. Mais elle a mûri. Elle veut faire profiter autrui de ses expériences de voyages. Ne sait pas si elle bossera en agence. Parce qu’après 4 jours, elle a compris que les clients sont encore plus pénibles que ce qu’elle avait imaginé (tu veux que je te parle de ta mère, choupinette ?). Elle aimerait plutôt écrire pour des magazines de décoration ethnique et de voyages. Rien que ça…


Aujourd’hui, on a eu un moment de répit à l’agence… Pour la première fois depuis le début de la semaine, elle a arrêté de parler d’elle, de ses voyages et de ses parents (elle met son père sur un piédestal et méprise sa mère… grâce à ce genre de famille, les psy’ ne seront pas tout de suite au chômage…) et m’a posé des questions. En fait, je crois qu’elle commence à comprendre qu’être agent de voyages, c’est un vrai métier compliqué… De là à dire que je suis son idole, il ne faut pas exagérer…


Je n’ai pas réussi à répondre à sa question « pourquoi as-tu voulu être agent de voyages ? ».


Petite, je voulais être femme de ménage. J’étais fascinée par la propreté. A la maison, sans rien dire à personne (et en cachette), je frottais les carreaux de la salle de bains ou je nettoyais les vitres. Les vitres, c’était ma passion. J’étais comme une folle et tirais une véritable satisfaction à voir accomplie la tâche « il faut que ça soit impec’ ». Un challenge quotidiennement renouvelé. Le fait que personne n’était au courant de ce défi était encore plus fort : je ne me battais que contre mes propres limites.


A 8 ou 9 ans, j’avouais ma passion et ce but ultime de ma vie de professionnelle : mon bonheur passerait par l’odeur d’encaustique, la transparence absolue des vitres, la lutte jusqu’au-boutiste contre la poussière. Comme Poutine qui voulait traquer les terroristes tchétchènes « jusque dans les chiottes », je serai la garante de la pureté des sols.


Lasse, ma pauvre mère se désolait. J’étais une très bonne élève. Assez brillante même. Et puis j’avais un comportement de leader. J’ai été élue déléguée de classe haut la main toutes mes années collège. Pour elle, je ne pouvais pas être femme de ménage. Ça allait me passer…


Elle avait malheureusement raison : en 4ème, coup de théâtre. J’ai défini la nouvelle orientation que je voulais donner à ma carrière : je ne serai pas la femme de « Monsieur Propre ». (C’est peut-être ce jour là que j’ai enfin compris que le trio marcel blanc-crâne rasé-boucles d’oreille n’était pas compatible avec une vie de couple harmonieuse).


J’avais trouvé mieux : je serai « Lady Bigoudis ». La révélation a eu lieu au carrefour des métiers du collège. Nos parents étaient venus en nombre parler de leur job. Maman était mère au foyer (elle n’est pas venue parler de ses activités de desperate housewife), Papa banquier (il l’est toujours le pauvre…) : ce jour là, mes parents n’ont pas brillé…


En revanche, j’ai été fascinée par la mère de ma copine Sabrina. J’ai eu une véritable révélation : Elle était beeeelle ! blonde, outrageusement maquillée, précurseur de la French manucure (à l’époque, on n’en entendait pas parler…) et elle avait des bottes et une ceinture avec des strass incrustés. Clair qu’à Saumur (oui… j’ai grandi à Saumur…), elle en jetait la mère de Sabrina ! En plus, elle était divorcée. Donc libre. Et très très femme… (if you see what I mean…)


La mère de Sabrina gérait un salon de coiffure et d’esthétique. Un rêve de dinde. Beaucoup de rose… des brillants partout. Une boutique à son image, quoi… au carrefour des métiers du collège, la mère de Sabrina était venue avec une espèce de valisette. Dedans, mon rêve : un fer à friser, du vernis à ongles, et des crèmes de toutes les couleurs dans des tubes assortis.


Elle a proposé aux gamines de ma classe de 4ème de faire une démo. Je me suis précipitée telle la pauvreté sur le monde… Là, devant toute la classe, la mère de Sabrina m’a fait une pédicure ! Les autres gamines du collège auraient tué pour être à ma place… Elle était Marie-Madeleine devant le Christ et moi, j’étais la plus belle du monde. Après, elle m’a maquillée et coiffée. Un vrai bonheur. Quinze ans après, je suis toujours accro’ aux spas… moins à ce qui brille…


A cause de la mère de Sabrina, en fin de 3ème, j’avais choisi la filière « BEP esthétique » qui m’a été refusée. La première de la classe ne pouvait pas être orientée en BEP. J’en ai conservé une haine pour mes parents et l’éducation nationale pendant toute la classe de seconde. Jusqu’à oublier l’esthétique pour sombrer dans la littérature parce que j’étais amoureuse de mon prof ‘ de français.


Ensuite, la ligne a été droite jusqu’au bac puis hypokhâgne (qui a révélé qu’à un moment, j’avais atteint mes limites…) et un BTS tourisme dans une horreur de lycée catho’ où Chantal F. (ma prof’ adorée de tourisme) a repéré en moi la future brillante agent de comptoir que je suis devenue. Telle une chrysalide, c’est dans mon stage de BTS que je me suis totalement révélée papillon de comptoir. La première « chef d’agence » de la Léa stagiaire s’appelait Agnès. C’est en fait elle plus que n’importe qui d’autre qui m’a donné le goût de ce métier. Merci Agnès ! La suite, vous la connaissez…


Alors… si Cholé devient la rédac’ chef du futur magazine des voyages tendance, elle me dédicacera peut-être son premier édito : « à Léa qui m’a laissé taper des codes 3 lettres au hasard sur Amadeus en décembre 2010 ». Et là, je serai fière de cette petite peste. En attendant, elle m’a promis qu’elle viendrait avec sa mère chercher son carnet de voyages mi-janvier à l’agence. D’ici là, elle aura potassé tous les guides sur la Thaïlande et me posera plein de questions pour s’assurer de la parfaite réussite des vacances de la famille.


En photo : mon salon de coiffure... il est juste à côté de chez moi, la déco' change régulièrement mais reste rose... et c'est Jean-Marie (je l'adoooooore) qui s'occupe de ma crinière.

dimanche 5 décembre 2010

L’agent de voyages de demain, ou Léa plus forte que le net…

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais on nous rebat les oreilles depuis des lustres (et moi qui suis jeune, j’ai TOUJOURS connu internet…) que les agences de voyages traditionnelles sont mortes parce que les clients achètent en ligne et que, quand par hasard ils osent encore entrer dans une agence, ils ont imprimé toutes les dernières super-promo-discount de dernière minute et que nous, forcement, on est plus cher. Alors, on fait des recherches pendant des heures, on bredouille que non, on n’y arrive pas, le client se fout de nous, et on est humiliés…


En attendant, il y a toujours des agences un peu partout. Et quand on a « perdu des clients » vols secs qui achetaient sur internet, on a eu plus de temps pour vendre autre chose. Et maintenant, ils reviennent en pleurant parce qu’ils ont eu des galères et qu’ils n’arrivent pas à joindre Carole Martin ou Sophie Lemaire (la gentille dame qui leur avait vendu leur billet) chez Billet-Pas-Cher.com... Un peu comme ma copine Laetitia, qui a appelé un jour Cécile de Rostand chez Vente Privée… ben, elle a été bien reçue ! (que celle qui n’a jamais pensé appeler Cerise chez Groupama me lance la première pierre…)


Moi, par exemple, j’ai beau être blonde, j’ai quand même deux/trois neurones. Tant que j’étais la petite agent de comptoir à la vue basse, je ne la ramenais pas… mais depuis que je suis responsable des ventes, je me lâche un peu… alors oui, des idées ? j’en ai…


Les photos de voyage par exemple…

Quand on part en éductour (et j’aimerais bien qu’on taise cette idée reçue « les éducours, y’en a plus » d’ailleurs : en 2010, on en a eu 16 à l’agence…), quand on part en éducour disais-je… on pend toujours plein de photos… Et bien, depuis un mois, on a dix albums photos (ça coûte genre 30 € pièce) qui trainent négligemment au comptoir « Léa au Maroc », « Sonia au Rajasthan », « Coralie à Maurice », « Léa au Kenya » etc… avec le logo de l’agence en couverture… ça n’a l’air de rien, mais ça prouve aux clients qu’on connaît les destinations..


C’est pas le truc révolutionnaire, mais les idées comme ça, ça coûte trois fois rien et ça rapporte immédiatement… c’est comme les vitrines : à l’agence, on a trois vitrines, on n’avait jamais pensé à s’en servir comme autant d’outils de communication… on a toujours eu des logos d’Air France et des totems Jet Tours, Kuoni et compagnie… depuis le 1er octobre, on a trois vitrines à thème… en fonction des derniers voyages qu’on a fait, des destinations qui sont à l’affiche dans le métro etc… donc, en ce moment « Kenya », « Oman » et « les îles »


Pas besoin d’être consultante en stratégie pour essayer de coller à l’air du temps. A chaque fois que j’ouvre mes hebdo’ préférés (ceux du tourisme, pas Elle…), je vois toujours des interviews des mêmes consultants à deux balles (je ne sais pas si vous avez remarqué, mais quand on est directeur marketing au rebut, on peut s’immatriculer « consultant en stratégie » : sur un malentendu, ça peut marcher). Vendredi, dans l’Echo, c’était « les clients adoptent le multicanal » ah boooon ?


Parce que par exemple… le client d’une banque, ça ne lui arrive jamais d’utiliser en fonction de ses besoins, un canal différent : internet pour savoir si Isa’ a fait les virements de salaire le 29, le guichet pour retirer un chéquier, le robot pour tirer de l’argent et le call center de la banque pour dire qu’on s’est fait arnaquer par un site web et qu’on voudrait faire opposition sur un paiement ?


« Le client est devenu multicanal » Ouah ! J’ai passé mon week-end à réfléchir la dessus. Mais c’est clair : moi qui pensais que si les clients venaient à l’agence, c’est parce qu’ils n’avaient ni téléphone ni d’adresse électronique. Ça alors ! je suis certaine que même les frères Bogdanov, ils n’y auraient pas pensé…

Bon. Si les agences internet veulent la guerre, elles l’auront.


Face à Opodo, Last Minute et Promo Vacances, moi je vais lancer dans mon agence Promo Minute, Ododo et Last Vacances. Et j’ai trouvé ça toute seule, sans consultant en stratégie.


Le concept Promo Minute est simple : « nos promos, elles durent une minute ». Si vous n’êtes pas entré dans l’agence la bonne minute de l’année et bien c’est râpé, vous payez le prix fort. Pas mal non ? Vous pensez que je rigole ? Allez sur internet, suivez la super promo et vous verrez… arrivé au bout de votre résa il n’y a plus de dispo, ou alors en vous allez devoir rallonger le double du prix en suppléments divers et variés. Et voilà, une idée bien con pour faire de la pub pour votre agence.


« Ododo, les vacances qu’il vous faut » : encore une idée de blonde pas si écervelée que ça. Vos clients rêvent de soleil, de plages et de cocotiers ? Vendez-leur des somnifères ! Une petite pilule magique et hop, Ododo ! c’est parti pour 10 heure de rêves, sans décalage horaire, fouilles au corps dans les aéroports ou tourista. Et pour nous une marge d’enfer et du stock toute l’année.

Penser à anticiper la gestion des litiges, genre Monsieur Bougon qui se réveille après avoir rêvé de sa belle-mère en bikini sur la plage pendant 12 heures. Au pire, on rembourse la pilule et/ou on en offre une autre. Note pour demain : appeler LEA (L’Européenne d’Assurance, pas moi) pour qu’ils inventent une assurance pour ce genre de risque !


Bon d’accord, Last Vacances c’est un poil plus trash… mais quel coup de pub ! Imaginer le slogan, « Partez avec Last Vacances, vous n’en reviendrez pas ! » ça le fait non ? Question formules et destinations, on a vraiment le choix « camping en Sibérie », « trekking sur les volcans islandais », « visites des grottes en Afghanistan », « feu d’artifice sur la bande de Gaza » et les destinations d’avant-garde qui se développent (la longue traîne quoi…) : « Décoiffés par souffle d’une bombe atomique en Corée du Nord », « Trek au Mali : 2 minutes de célébrité à la télé avec les yeux bandés et le quotidien du jour en mains », Pakistan : « Circuit en bus : après les super-commissions, les retro-commissions... »


Voilà l’idée du siècle pour arrondir les fins de mois difficiles : en janvier, j’organise une conférence sur les destinations en plein devenir. 4300 € HT. A peine.. avec des consultants qu’on interviewe sans arrêt dans la presse mais dont on ne sait toujours pas à quoi ils servent. Leçons d’enfonçage de portes ouvertes comprises. N’oubliez pas de faire jouer votre DIF.